Le climat impliqué dans un quart des conflits interethniques

Le 26 juillet 2016 par Romain Loury
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La Syrie, en guerre depuis 2011
La Syrie, en guerre depuis 2011
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Dans 23% des conflits interethniques, des accidents climatiques, dont des sécheresses extrêmes, sont observées dans le mois précédant le début des hostilités, révèle une étude allemande publiée lundi 18 juillet dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas). Ce qui fait craindre le pire pour les pays les plus vulnérables au réchauffement (pays arabes, Afrique et Asie centrale), souvent instables politiquement.

En Syrie et en Irak, comme en Afghanistan et en Somalie, les actuels conflits ont été en partie imputés à la survenue de graves sécheresses. Le phénomène n’a rien de nouveau, révèlent Carl-Friedrich Schleussner, de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique, et ses collègues: selon leur analyse de 241 conflits survenus entre 1980 et 2010 dans le monde, 9% sont survenus après un désastre climatique, en général une sécheresse ou une forte canicule.

La situation est encore plus marquée dans les 50 pays les plus divers d’un point de vue ethnique, où cette proportion s’élève même à 23%. Certes, l’étude ne permet pas d’affirmer que ces évènements climatiques sont une cause directe de ces conflits, aux racines complexes, mais ils pourraient exacerber les tensions préexistantes de manière décisive, notent les chercheurs.

PAYS ARABES ET AFRIQUE SUBSAHARIENNE

Selon l’équipe, le phénomène pourrait prendre une très forte ampleur avec le réchauffement en cours. D’autant que les pays les plus vulnérables au changement climatique (Afrique du Nord, Afrique subsaharienne, Proche-Orient, Asie centrale) sont déjà peu stables d’un point de vue politique et connaissent de nombreuses tensions ethniques.

Dans une étude publiée fin 2015, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) pointait déjà ces risques pour les pays arabes, du fait d’un très fort recours aux importations agricoles. Du fait de la croissance démographique et du réchauffement, cette dépendance pourrait fortement s’accroître. Au Maghreb, elle pourrait ainsi passer d’un actuel 51% (part des besoins alimentaires couverts par es importations) à 68% en 2050, rendant ces pays encore plus vulnérables aux crises alimentaires.

Sur une planète de plus en plus mondialisée, les effets ne se borneront certainement pas à ces seuls pays: «une plus grande déstabilisation de l’Afrique du Nord et du Levant pourrait avoir des effets généralisés, par exemple en accroissant les flux de migration vers les pays voisins ou vers des destinations comme l’Union européenne», concluent les chercheurs.



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