Le climat: dernière certitude française?

Le 11 janvier 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Les Français pas encore prêts à acheter de l'électricité verte.
Les Français pas encore prêts à acheter de l'électricité verte.
BEI

 

Publiés coup sur coup, deux sondages montrent l’intérêt que les Français portent au changement climatique et les efforts qu’ils sont prêts à réaliser pour réduire leurs émissions, directes et indirectes.

 

Ce vendredi 11 janvier aura été une journée agitée pour les commentateurs politiques. La veille, le centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) avait publié la 10e édition de son baromètre annuel de la confiance politique. Une photographie à un instant T du niveau de confiance des Français pour leurs institutions et leurs dirigeants. Réalisé par OpinionWay auprès de plus de 2.100 personnes, ce sondage montre, en réalité, peu d’évolutions notables sur la durée.

Une grande majorité des personnes interrogées vouent leurs élus aux gémonies. Seuls les conseillers municipaux et le maire trouvent grâce à leurs yeux. Rien de nouveau. Les Français conservent toute leur confiance dans les personnels des hôpitaux, les patrons de PME, les militaires, les policiers, les personnels enseignants, les agents de la sécurité sociale et les dirigeants des associations. Là non plus, rien de bien neuf.

Journalistes, réseaux sociaux et partis politiques sont les vecteurs d’information dans lesquels le public croient le moins. Ce n’est plus un scoop.

Rien n’est perdu

Les nouveautés sont ailleurs. Sans surprise, au cœur de la crise des Gilets jaunes, le président Macron voit son capital de confiance s’éroder sensiblement. Un sondé sur 5 lui fait désormais confiance. Soit 16% de moins en un an. C’est beaucoup. Et c’est ce qui a agité l’équipe des commentateurs matinaux. Un détail pourtant: Emmanuel Macron est désormais aussi peu (ou autant?) apprécié des électeurs que lorsqu’il était ministre de l’économie. Rien n’est donc définitivement perdu.

En quoi les François croient-ils encore? Dans les statistiques publiques concernant le climat: 46% des sondés font confiance aux chiffres publics concernant le réchauffement. Loin devant ceux de la croissance (38%), de la hausse des prix (37%), du chômage (36%) ou de l’immigration (33%). Reste à savoir à quels chiffres les sondeurs de Science Po font allusion: ceux du Giec, de l’Onerc, de Météo France? L’étude ne le dit pas.

Coïncidence: au moment où les ‘Gaulois réfractaires’ se raccrochent aux informations liées au réchauffement, la Banque européenne d’investissement (BEI) publie une étude sur les efforts que sont prêts à faire ces Français pour contenir l’envolée du thermomètre planétaire.

82% d’entre eux se disent inquiets ou très inquiets à l’égard des changements climatiques. Et près de 70% estiment que leurs conséquences constituent déjà une menace pour l’humanité.

Fossé entre générations

L’enquête révèle aussi un fossé entre générations dans l’attitude face aux changements climatiques: 57% des représentants de la génération Y (de 18 à 34 ans) estiment que le réchauffement planétaire découle de l’activité humaine. Les plus de 55 ans sont 38% à partager cet avis.

L’étude montre que 20% des Français, seulement, pensent que les mesures destinées à lutter contre les changements climatiques peuvent contribuer à la croissance économique et à la création d’emplois.

Qui pour mener des actions climatiques efficaces? Les citoyens, pour un sondé sur trois, l’Etat (25%), les organisations internationales (14%), les entreprises (10%), les collectivités locales (8%).

Efficaces d’accord, mais que sont-ils prêts à faire pour faire retomber la fièvre climatique? Recycler davantage (69%), acheter des produits de saison et locaux, annoncent 53% des personnes interviewées et réduire la production de déchets (47%).

Changer de mode de transport n’est pas encore une priorité. Seuls 23% sont prêts à troquer la voiture contre le transport collectif, et 18% se proposent de passer du 4 roues à la bicyclette. L’abandon de l’avion ne séduit que 8% des Français.

Côté électricité, on est prêt à produire un petit effort: réduire sa consommation s’avère envisageable pour 40% des sondés. En revanche, ils ne sont que 14% à déclarer vouloir ne plus consommer que de l’électricité d’origine renouvelable. Auraient-ils compris que l’électricité tricolore est décarbonée à 90%?

 

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus