Le ciment, aussi un puits de carbone

Le 22 novembre 2016 par Romain Loury
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Le ciment, 5% des émissions anthropiques
Le ciment, 5% des émissions anthropiques

La production de ciment émet certes des gaz à effet de serre (GES), mais les constructions qui en résultent constitueraient un important puits de carbone: en termes de séquestration annuelle, elles équivaudraient à environ un quart des forêts mondiales, révèle une étude publiée lundi 21 novembre dans la revue Nature Geoscience.

La cimenterie est le secteur industriel (hormis celui de l’énergie) qui participe le plus au réchauffement climatique: sans tenir compte de la combustion d’énergies fossiles qu’elle engendre, elle émet à elle seule 90% des gaz à effet de serre d’origine industrielle, ou 5% des GES d’origine anthropique. En cause, la réaction de calcination à haute température, fortement émettrice de CO2.

Or une fois produit, le ciment, et ce sous toutes ses formes (béton, mortier, etc.), constitue en revanche un puits de carbone. S’immisçant dans les pores, le CO2 s’y fixe, en présence d’humidité, selon une réaction de carbonation. Ce phénomène, qui n’est pas pris en compte par le Giec[i] dans ses lignes directrices sur les inventaires nationaux de GES, n’a jamais été évalué à l’échelle mondiale.

Dans leur étude publiée dans Nature Geoscience, Fengming Xi, de l’Institut d’écologie appliquée à Shenyang (province du Liaoning, Chine), et ses collègues révèlent que 43% du CO2 dégagé entre 1930 et 2013 par le secteur de la cimenterie (10,4 gigatonnes de carbone) ont depuis été réabsorbés par ces matériaux de construction. Soit 4,5 GtC, pour des émissions nettes qui ne s’élèvent plus qu’à 5,9 GtC.

Les émissions augmentent, le puits aussi

Du fait de la bétonisation croissante de notre planète, les émissions liées à la cimenterie ne cessent de s’accroître, mais le puits de carbone aussi: de 0,10 GtC en 1998, ce sont 0,25 GtC qui ont été séquestrées par le bâtiment en 2013, soit 2,5% des émissions liées à la combustion d’énergies fossiles et au secteur industriel. Selon les chercheurs, ce puits équivaudrait à environ un quart (22,7%) du carbone  absorbé chaque année par les forêts mondiales.

Certes, il n’y a pas de quoi remettre en cause le rôle délétère de la construction sur le climat –d’autant que les chercheurs n’ont pas tenu compte des énergies fossiles nécessaires à cette industrie. Selon eux, il serait toutefois possible de rendre le secteur plus vertueux, voire d’en faire une source démissions négatives: d’une part en améliorant encore l’absorption de CO2 par la construction, d’autre part en réduisant les émissions lors de la production, par exemple via le captage-stockage de CO2 (CSC).



[i] Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

 



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