Le chitosan dans le traitement des eaux

Le 01 décembre 2005 par Christine Sevillano
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La mention du jury des prix «Entreprises et environnement» reçue par la société France Chitine pour son éponge filtrante «Aqua sponda» va surtout lui permettre de mieux faire connaître les applications industrielles du chitosan dans le traitement de l’eau.

La société France Chitine a reçu le 29 novembre la mention spéciale du jury des prix «Entreprises et environnement» du ministère chargé de l'environnement pour son éponge filtrante «Aqua sponda», qui a une action de filtration chimique des germes et bactéries dans les piscines. Elle permet une réduction de moitié de l'utilisation des produits chimiques, voire jusqu'à 80% selon l'importance donnée à l'entretien de la piscine. L'entreprise créatrice met surtout en avant la matière utilisée: la chitine. Ce polymère, extrait de la carapace de crustacés, comme des crevettes, est chargé d'électrostatiques négatifs qui agissent comme un aimant captant les micro-polluants. Il a été modifié afin d'augmenter les principes actifs de 15 à 90%, s'appelant ainsi le chitosan. «En fait, l'Aqua sponda est seulement une vitrine, c'est une utilisation minimaliste du produit. Nous nous concentrons sur d'autres utilisations dans le domaine de l'eau», affirme Jean-Pierre Say, gérant de France Chitine.

«Malgré son intérêt, ce produit n'intéresse pas les industriels car la ressource est diffuse. On avait notamment trouvé une application pour l'industrie de la pâte à papier, mais il fallait 15 tonnes par mois, ce qui est élevé, d'autant que la capture des crevettes dépend de la météo», explique Jean-Pierre Say. On produit 2.000 tonnes de chitine par an dans le monde et surtout au Japon, en Chine ou en Inde, dans des zones intertropicales. Pourtant les capacités seraient importantes puisque la nature produit 4 milliards de tonnes de cette matière biodégradable et biocompatible. Autre raison de la crainte des industriels : il faut investir et s'allier à de petites unités dans des pays dont ils n'ont pas l'habitude et qui représentent des risques financiers, comme le Bangladesh ou Madagascar, qui produisent des crustacés et ne savent que faire de leurs déchets.



Pourtant plusieurs applications industrielles sont possibles. D'ores et déjà, cette substance permet de créer du glucosamine qui est prescrit pour la régénération des articulations humaines. Elle alimente des produits destinés à l'industrie nutraceutique, qui fabrique notamment des compléments alimentaires, mais aussi l'industrie des cométiques puisque le chitosan est utilisé dans des shampoings et des crèmes hydratantes. France Chitine se penche sur les possibilités données dans le domaine du traitement des eaux usées. Le chitosan peut en effet servir de floculant, emprisonnant les particules en suspension dans des flocons volumineux, qui se déposent au sol par gravité. «Nous pouvons récupérer les polluants et même des matières dissoutes, comme les enzymes ou les métaux lourds, et même en réutiliser», assure Jean-Pierre Say. Un dernier secteur pourrait en profiter : l'agriculture. Des recherches restent à faire, mais il semble que le chitosan pourrait être utilisé dans des produits de traitement. «Nos solutions sont intéressantes, surtout dans une période où beaucoup d'industriels cherchent des alternatives aux produits chimiques», conclut le gérant.

(1) Le chitosan est une modification de la chitine afin de la rendre plus active.



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