Le chikungunya s’implante en Amérique

Le 08 avril 2014 par Romain Loury
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Le chikungunya aux portes de l'Amérique
Le chikungunya aux portes de l'Amérique
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Après les Caraïbes, le chikungunya a posé un pied en Guyane, et pourrait rapidement s’étendre à l’Amérique du sud et aux Etats-Unis, selon les derniers chiffres inquiétants publiés par le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (ECDC).

 

Bien moins médiatisée que l’épidémie réunionnaise de 2005-2006, lorsque le chikungunya s’était pour la première fois fait connaître du grand public, celle qui s’annonce sur le continent américain pourrait être d’une toute autre ampleur.  Depuis les 2 cas rapportés en décembre dans la partie française de Saint-Martin, cette maladie, très invalidante (fièvre, douleurs articulaires, fatigue, etc.) et qui peut durer plusieurs semaines, a fait du chemin.

En quatre mois, son bilan dans les Caraïbes aurait déjà dépassé les 20.000 personnes, en ajoutant les cas confirmés à ceux qui ne sont encore que suspects. Rien qu’en Martinique, la maladie serait liée à environ 12.700 cas, dont 1.284 confirmés, tandis que la Guadeloupe et Saint-Martin avoisineraient chacun les 3.500 cas.

Et depuis mi-février, le chikungunya a fait deux premiers cas autochtones, c’est-à-dire non importés, en Guyane, signant ainsi l’entrée historique de cette maladie sur le sol américain. Jeudi dernier, la cellule interrégionale d’épidémiologie (Cire) Antilles-Guyane évoquait 25 cas autochtones, dont 23 confirmés. Un seul foyer était avéré, à Kourou, tandis qu’un autre potentiel était en cours d’analyse à Matoury.

Une Coupe du monde à risque?

Rien ne semble empêcher la marche du chikungunya sur le continent américain. Mardi, le Global Virus Network (GVN), réseau mondial de virologues et d’épidémiologistes, a annoncé la mise en place d’un groupe de travail spécifique composé de 16 chercheurs de renommée internationale. Son objectif, «l’identification plus rapide des infections, une amélioration des options thérapeutiques, le développement d’un vaccin efficace», indique le GVN [1].

Motif particulier d’inquiétude, la Coupe du monde de football, qui débutera le 12 juin au Brésil. Selon le virologue Ricardo Lourenco-de-Oliveira, de l’Institut Oswaldo Cruz de Rio de Janeiro, il y a là «le risque d’une épidémie catastrophique» sur l’ensemble du continent. Le Brésil devrait en effet rassembler plusieurs centaines de milliers de supporters d’autres pays -3,3 millions de billets ont été mis en vente-, au risque de ramener le virus à domicile, et donc de donner un coup d’accélérateur à l’épidémie. Pour le chikungunya, mais aussi pour la dengue, dont le Brésil présente l’incidence la plus élevée au monde, et qui est véhiculée par les mêmes moustiques (Aedes aegyptii et Aedes albopictus).

[1] Si des vaccins sont bien en cours d’étude, la maladie ne dispose pour l’instant que de traitements symptomatiques, mais pas d’antiviraux.



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