Le chikungunya fait ses premiers pas en métropole

Le 22 octobre 2014 par Romain Loury
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Une nouvelle étape franchie dans l'Hérault
Une nouvelle étape franchie dans l'Hérault
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Le chikungunya vient de faire ses premières victimes en métropole, avec 4 Montpelliérains infectés sans avoir voyagé. Pas de panique, rassure l’agence régionale de santé (ARS) du Languedoc-Roussillon: il n’y a aucun risque épidémique, et le virus devrait rapidement disparaître avec la baisse des températures.

Après la Réunion en 2005-2006, les Antilles depuis fin 2013, et de premiers cas en Polynésie française rapportés mi-octobre, c’est désormais au tour de la métropole de faire connaissance avec le chikungunya. Mardi 21 octobre, l’ARS Languedoc-Roussillon a annoncé 4 premiers cas autochtones à Montpellier, dans une même famille résidant dans le quartier Las Sorbès, en périphérie du centre-ville.

A l’origine de ce foyer, le «cas index», à savoir la personne qui a introduit le virus, est un résident de ce quartier infecté à l’occasion d’un voyage dans un pays où sévit la maladie. Invoquant le secret médical, l’ARS n’en dit pas plus sur cette destination, indiquant tout juste qu’il ne s’agit pas d’un territoire ou d’un département français.

En soi, la nouvelle n’a rien d’étonnant, tant une transmission autochtone était devenue inévitable ces derniers mois. Selon l’Institut de veille sanitaire (InVS), les 6 régions à surveillance renforcée [1] comptaient pas moins de 409 cas de chikungunya importés depuis le 1er mai. Il ne leur suffisait que de croiser la route d’un moustique tigre (Aedes albopictus, vecteur de la maladie) pour que des cas autochtones puissent survenir.

Conséquence: l’Hérault est passé du niveau 1 du plan anti-dissémination de la dengue et du chikungunya, celui où Aedes albopictus est jugé «implanté et actif», au niveau 3, avec la confirmation d’un foyer d’au moins deux cas autochtones. Quant au niveau 2, il correspond à la survenue de cas isolés.

Un baroud d’honneur du moustique tigre

A l’Entente interdépartementale de démoustication (EID) Méditerranée, on se montre rassurant quant à la suite des évènements. «Le moustique ne tient pas très bien en conditions froides», rappelle Grégory Lambert, entomologiste à l’EID, et les températures montpelliéraines sont enfin à la baisse. D’ici «mi-novembre», le moustique-tigre devrait avoir disparu jusqu’au printemps.

Selon l’EID, l’Aedes albopictus se répartit en deux groupes: il y a d’une part ceux qui à l’arrivée du froid ralentissent leur activité métabolique (les «diapausants»), d’autre part ceux qui continuent comme si de rien n’était (les «non-diapausants») et meurent. Les seuls qui demeurent à ce jour sont des non-diapausants, qui devraient rapidement s’éteindre.

Le virus n’étant pas transmis aux œufs, ceux-ci ne donneront pas naissance à des moustiques d’emblée porteurs du virus. «Chaque année, on remet les compteurs à zéro», explique Béatrice Broche, responsable de la cellule de veille de l’ARS, selon qui «on ne peut pas avoir d’épidémie de grande ampleur» comme dans les régions tropicales.

La deltaméthrine utilisée

Avant même que les 4 cas ne soient confirmés lundi par le Centre national de référence (CNR) des arboviroses, l’EID a pratiqué un premier traitement du quartier concerné, dimanche 19. De manière mécanique, avec vidange des points d’eau stagnants, mais aussi avec de la deltaméthrine, seul insecticide de type «adulticide» autorisé en France. Après une sensibilisation au porte-à-porte des riverains, un autre traitement est prévu vendredi.

Si elle n’est pas autorisée en zone humide, la deltaméthrine l’est «en zone urbaine et périurbaine», indique Didier Moulis, directeur technique de l’EID. Le produit n’est employé que de manière parcimonieuse, en raison d’un risque de résistance du moustique. En Guyane, où le chikungunya s’est implanté au printemps, c’est ce phénomène de résistance qui a poussé les autorités à utiliser du malathion de manière dérogatoire –cet adulticide, fortement écotoxique, étant interdit dans l’UE.

Egalement véhiculée par le moustique tigre, la dengue a fait 4 cas autochtones depuis fin août, dont 2 en Bouches-du-Rhône et 2 dans le Var. Quant au chikungunya, il a fait 250 cas autochtones en Emilie-Romagne (nord-est de l’Italie) à l’été 2007. Un épisode que Béatrice Broche impute à un manque de préparation du pays, qui n’était pas doté de plan de lutte.

[1] Outre le Languedoc-Roussillon, ces régions métropolitaines sont Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Corse, Midi-Pyrénées, l’Aquitaine et Rhône-Alpes.



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