Le chikungunya débarque aux Etats-Unis

Le 18 juillet 2014 par Romain Loury
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Aux US, le moustique tigre devient hôte
Aux US, le moustique tigre devient hôte
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On l’attendait, le voici: le chikungunya est désormais présent aux états-Unis, avec deux premiers cas autochtones observés en Floride. Un nouvel épisode de cette maladie émergente, dans la continuité de l’épidémie qui sévit actuellement dans les Caraïbes.

Rien ne semble résister à l’avancée du chikungunya: après son arrivée sur l’île de Saint-Martin, en octobre 2013, le virus, qui a infecté plus de 350.000 personnes dans les Caraïbes, avait posé pied en février en Guyane française, une première pour l’Amérique continentale. Il s’est depuis étendu au Guyana et au Surinam voisins, remontant même au Costa Rica et au Salvador.

Porté par les moustiques Aedes albopictus («moustique tigre») et Aedes aegyptii (plus connu comme vecteur du paludisme), le virus chikungunya vient d’ouvrir un deuxième front avec son arrivée en Floride. Selon le département à la santé de cet Etat, deux premiers cas autochtones ont été observés chez des personnes n’ayant pas récemment voyagé aux Caraïbes, le premier dans le comté de Miami-Dade, le second dans le comté de Palm Beach.

Pour les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), «il est encore trop tôt pour savoir de manière certaine quelle place va désormais tenir le chikungunya aux Etats-Unis». Les experts «pensent qu’il va se comporter comme le virus de la dengue, où des cas importés ont résulté en des transmissions locales et sporadiques, sans entraîner d’épidémie généralisée», comme cela est le cas aux Caraïbes, ou comme sur l’île de la Réunion en 2006.

En France métropolitaine, la menace se précise

Epidémie généralisée ou cas sporadiques, voilà qui n’augure rien de bon de notre côté de l’Atlantique: les cas importés des Caraïbes s’y multiplient ces derniers mois, en particulier dans les départements métropolitains où le moustique tigre s’est installé. Selon l’Institut de veille sanitaire (InVS), 152 cas confirmés importés de chikungunya, dont 4 également atteints de la dengue, ont été observés depuis le 1er mai dans les régions sous surveillance renforcée, celles du sud [1].

Dans un éditorial publié jeudi dans la revue Eurosurveillance, Harold Noël, épidémiologiste à l’Institut de veille sanitaire (InVS), estime même que «dans les prochains mois, les cas de chikungunya chez les voyageurs, visitant l’Europe ou y revenant, vont probablement augmenter (…). Ils pourraient déclencher des épidémies locales en Europe, là où le vecteur s’est établi». Si la menace se précise, impossible de savoir quand elle va se matérialiser.

Selon le dernier bilan de l’InVS pour l’outre-mer, daté du 13 juillet, le chikungunya a touché près de 120.000 personnes dans les Antilles française et en Guyane, dont 63.000 en Guadeloupe et 49.000 en Martinique. Avec une vingtaine de décès et un millier d’hospitalisations recensés à ce jour, l’épidémie généralisée serait en cours de stabilisation ces 6 dernières semaines.

[1] Au total, dengue et chikungunya seraient à l’origine de 427 cas suspectés ou confirmés dans les 6 régions du sud de la France, celles sous surveillance renforcée.



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