Le chien est-il le pire ennemi du tigre?

Le 07 novembre 2014 par Romain Loury
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Le tigre, prochaine victime du CDV?
Le tigre, prochaine victime du CDV?
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Braconnage, destruction de l’habitat, proies moins fréquentes… partout où il survit, le tigre est en bien mauvaise passe. Un virus d’origine canine, le Canine Distemper Virus (CDV), pourrait accélérer son extinction, révèle une étude publiée dans la revue PLoS ONE.


Responsable de la maladie de Carré chez le chien, le CDV entraîne des problèmes respiratoires, suivis de fatigue, de perte d’appétit et de vomissements. Assez peu mortelle pour le meilleur ami de l’homme, elle peut être redoutable chez d’autres espèces. D’autant que le virus peut en infecter de nombreuses, aussi bien de canidés (loup, renard, etc.) que de mustélidés (blaireaux, furets, etc.), et même de félidés.

1.000 lions morts

En 1994, le CDV a ainsi entraîné la mort d’un millier de lions du parc Serengeti en Tanzanie, soit 30% de ses effectifs! Bien surveillée, la population a rapidement récupéré.

La situation des phoques de la mer du Nord est nettement plus inquiétante: le PDV (Phocine Distemper Virus), qui a évolué à partir du CDV, y a causé des épidémies mortelles. D’abord en 1988 puis en 2002, où le PDV a décimé 51% de la population.

Une autre espèce pourrait être fortement menacée par le CDV: le tigre. En 2003 et en 2010, le CDV a été détecté sur des cadavres en Sibérie. Et en 2013, il aurait tué quatre tigres en Inde.

Désastre en Sibérie

Martin Gilbert, de la Wildlife Conservation Society (WCS), et ses collègues ont cherché à mieux connaître l’impact potentiel du CDV sur le tigre. Pour cela, ils ont pris comme modèle la population (sur)vivant dans les montagnes de Sikhote-Alin, une réserve naturelle à l’est de la Sibérie. Entre 2007 et 2012, le nombre d’individus y est passé de 38 à 9, le CDV étant fortement suspecté.

Selon le taux d’infection par les autres espèces et celui de transmission entre tigres, le CDV pourrait accroître de 55,8% le risque d’extinction des tigres de Sikhote-Alin, par rapport à une population similaire mais non exposée au virus, sur une période de 50 ans. Pour un groupe de 25 individus, le risque serait même accru de 65%.

Nouvelles menaces

«Les populations de tigres deviennent de plus en plus petites et fragmentées, ce qui les rend plus susceptibles à des maladies comme celle liée au CDV. Bien qu’il faille d’abord se concentrer sur le braconnage et la destruction de l’habitat, nous devons nous préparer à affronter ces nouvelles menaces», explique Dale Miquelle, en charge du programme Russie de la WCS.

Pour les chercheurs, il semble difficile de vacciner les tigres contre cette maladie. Ces animaux vivent d’ailleurs en trop faible densité pour entretenir le virus au sein de l’espèce: mieux vaut donc prévenir le danger en ciblant d’autres espèces réservoirs. L’effet du CDV pourrait être encore plus redoutable en Asie du sud-est, où les tigres sont plus regroupés, donc plus au contact des chiens domestiques.



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