Le charbon restera la référence

Le 27 octobre 2004 par Valéry Laramée pour Enerpresse
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À l'exception des pays européens de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), où elle stagnera, la demande de charbon ne cessera de progresser. De 4,8 milliards de tonnes par an en 2002, la consommation de houille, anthracite et autres demi gras atteindra 7 milliards de tonnes par an en 2030. La Chine et l'Inde étant, à elles deux, responsables à 68% de cette hausse. Pas d'inquiétude cependant. Les stocks de charbon sont considérables (plus de 200 ans de réserve au rythme actuel de la demande) et bien répartis sur la planète. Les gisements de gaz restent importants. L'AIE estime les réserves à 66 ans au rythme de consommation actuel. Hélas, celui-ci devrait pratiquement doubler dans les 30 ans qui viennent, passant de 2.622 milliards de mètres cubes, en 2002, à 4.900 milliards de mètres cubes en 2030. Malgré le très important renouvellement du parc de production électrique (4.800 gigawatts de capacités nouvelles devraient être construites dans le monde d'ici à 2030), le mix énergétique évoluera peu.

Dans les pays de l'OCDE, le charbon restera le combustible le plus utilisé dans les centrales électriques, devant le gaz. L'énergie nucléaire se verra coiffer pour la troisième place par les énergies renouvelables (ENR). Dans les pays en transition, le gaz contribuera à produire un électron sur deux, en 2030. Loin devant les ENR (17%), le charbon (16%) et le nucléaire (11%). Dans les pays en développement, le charbon restera le roi (passant de 45%, en 2002, à 47% en 2030), devant le gaz (26%) et les ENR (19%). Devant un parc d'un tel gigantisme et produisant une telle quantité de courant (deux fois plus en 2030 qu'en 2002), l'impact environnemental ne pourra que s’aggraver. Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) du secteur électrique mondial vont ainsi véritablement exploser, passant de 9,7 milliards de tonnes, en 2002, à plus de 16,7 milliards de tonnes, en 2030.

Autant d'investissements, autant de pollutions semblent ne pas concourir au louable projet d'ouvrir considérablement l'accès des plus démunis à l'électricité. Aujourd'hui, environ 1,6 milliards d'êtres humains n'ont pas accès au courant. En 2030, ils ne seront plus que 1,4 milliards. Certes, la baisse est significative, mais ce chiffre est trompeur. Car, à cause de l'accroissement de la population, deux milliards de personnes supplémentaires auront accès à l'énergie électrique. Mais le nombre des déshérités de la Fée Electricité n'aura pas diminué en 30 ans. Dénonçant les effets de cette politique au fil de l'eau, l'agence internationale de l'énergie propose un scénario alternatif. En développant considérablement l'usage des ENR, du nucléaire, des technologies propres et sobres, l'AIE estime que la demande planétaire de pétrole peut diminuer de 11%, en 2030, par rapport au scénario de référence. Soit l'équivalent, tout de même, d'une économie comparable à la production combinée de l'Arabie Saoudite, des Émirats arabes unis et du Nigeria.


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