Le charbon européen s’effondre face aux renouvelables

Le 24 octobre 2019 par Romain Loury
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La centrale au charbon de Reuter (Allemagne)
La centrale au charbon de Reuter (Allemagne)
Vattenfall

Face aux énergies renouvelables, le charbon européen ne fait plus le poids: quatre centrales sur cinq travaillent désormais à perte, révèle un rapport publié jeudi 24 octobre par Carbon Tracker, qui appelle les gouvernants à préparer la sortie du charbon «au plus tard en 2030».

Bonne nouvelle pour le climat, la filière charbon, à moins de subventions massives, pourrait très bien ne pas survivre au-delà de 2030. En cause, la compétition toujours plus forte du photovoltaïque et de l’éolien, dont les prix ne cessent de diminuer, ainsi que du gaz, actuellement peu coûteux.

Un coût de 6,57 milliards d’euros

Selon le rapport «Apocoalypse now», publié jeudi par le think tank Carbon Tracker, 79% des centrales à charbon de l’UE ne sont déjà plus rentables, ce qui devrait coûter 6,57 milliards d’euros aux pouvoirs publics en 2019. La chute semble d’ailleurs s’accélérer: par rapport à 2018, la production à base de houille a diminué de 39%, celle à base de lignite de 20%.

Incapables de soutenir la concurrence face aux renouvelables, le charbon court à sa perte, estime Carbon Tracker. «Les décideurs politiques et les investisseurs doivent se préparer à une sortie du charbon, au plus tard en 2030», estime Matt Gray, co-auteur du rapport.

L’Allemagne en tête des pertes

Pays le plus exposé à ces pertes, l’Allemagne (1,9 milliard d’euros), qui s’est engagé à sortir du charbon en 2038, est suivie par l’Espagne (-992 millions d’euros) et la République tchèque (-899 M€), deux pays qui n’ont pas encore fixé d’échéance. La France devrait quant à elle y perdre 128 M€, dont 87 M€ pour la houille et 41 M€ pour le lignite.

Opérateur le plus menacé, l’allemand RWE devrait perdre 975 M€ en 2019, soit 6% de sa capitalisation boursière. Il est suivi par EPH, qui possède des centrales en Allemagne et en République tchèque (613 M€), et par PPC, en Grèce (596 M€). Côté français, les perdants s’appellent EDF (-178 M€), Veolia (-62 M€) et Engie (-40 M€).

Parmi les 21% de centrales à charbon qui continuent à être rentables, Carbon Tracker évoque celles de Pologne, fortement subventionnées, certaines en Allemagne et aux Pays-Bas, de haute efficacité, ainsi que d’autres en Italie, en République tchèque et en Slovénie, qui bénéficient d’un prix élevé de l’électricité.