Le charbon est encore là pour longtemps

Le 17 décembre 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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A Katowice, durant la COP 24, les organisateurs proposaient du savon en charbon.
A Katowice, durant la COP 24, les organisateurs proposaient du savon en charbon.
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L’Asie est restera des décennies durant tributaire du charbon, indique l’AIE, dans sa dernière production. Seul le CSC pourrait décarboner son secteur électrique et son industrie lourde. Mais les perspectives semblent limitées.

King Coal a encore de beaux jours devant lui. Entre 2017 et 2018, la consommation mondiale de charbon a encore progressé de plus de 1%, tiré par les besoins asiatiques d’électricité et d’acier, indique l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son bilan annuel sur le charbon, publié ce mardi 17 décembre.

A l'origine de 38% de la production planétaire d’électricité, charbon et lignites restent les premières sources d’énergie électrique. L'an passé, les secteurs de l’électricité et de l’industrie lourde (acier, métallurgie, ciment, chimie) ont englouti 7,7 milliards de tonnes de charbon: +1,1% de mieux qu’en 2017. Ce rythme de croissance annuelle est comparable à ceux observés ces dix dernières années.

Si l’Europe et les Etats-Unis voient leur demande régulièrement baisser (respectivement de 2,5% et 5%/an depuis 2008), les besoins sont en croissance dans la région Asie-Pacifique. Cette dernière décennie, la consommation chinoise a progressé de 2,6%/an, en moyenne, contre 5% en Inde et 7,8% en Asie du sud-est.

camp des bloqueurs

Côté production, le gâteau carbonifère se partage entre la Chine (45% de la production totale), les Etats-Unis, l’Inde (2e producteur mondial), l’Europe (Allemagne, Pologne et Russie), l’Afrique du Sud et quelques pays d’Asie-Pacifique, à l’instar de l’Indonésie ou de l’Australie. Sans surprise, on retrouve la plupart de ces pays dans le camp des bloqueurs de COP climatiques.

Quel avenir proche pour l’industrie charbonnière? Stable, insiste l’AIE. Selon l’agence de l’OCDE basée à Paris, la demande devrait continuer à croître, d’environ 0,5% par an, d’ici à 2024, toujours tirée par la croissance économique asiatique.

une solution le CSC?

Depuis 2000, la consommation mondiale de charbon a bondi de 65% et les émissions de CO2 énergétique de 50%. Pour atteindre la neutralité carbone, vers 2050, nous devrions abattre nos émissions carbonées de moitié, d’ici à 2030.

Objectif raisonnable? Pas avec le parc de production actuel. «Les centrales électriques au charbon en Asie sont jeunes - 12 ans en moyenne - elles pourraient encore fonctionner pendant des décennies», rappelle le directeur exécutif de l'AIE, Fatih Birol. 

Seule solution: développer les systèmes de captage-stockage de CO2 (CSC). Aujourd’hui, une vingtaine de ces installations de taille industrielle sont en service. Le dispositif est efficace, cher, suscite la crainte des populations voisines et ne s’installe que sur les installations conçues à cet effet.



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