- 

Le charbon américain peut remercier la Cour suprême

Le 30 juin 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les Etats-Unis comptent plus de 500 centrales au charbon.
Les Etats-Unis comptent plus de 500 centrales au charbon.

47 pages. C’est la taille de l’argumentaire qui aura été nécessaire à la Cour suprême des Etats-Unis pour torpiller un pan essentiel de la politique climatique de l’administration Obama. Lundi 29 juin, la plus haute juridiction américaine a jugé que les futures normes d’émission de polluants atmosphériques[1] des centrales au charbon étaient contraires aux principe du Clean Air Act (CAA), la loi fondamentale pour l’encadrement des émissions dans l’atmosphère (et donc du CO2).

L’argument massue du juge Antonin Scalia est simple. La réglementation, explique-t-il, autorise l’agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) à réguler les émissions de polluants, dans le cadre du CAA, à la condition que cette régulation soit «appropriée et nécessaire».

10 milliards de dollars vs. 4 à 6 milliards

Deux conditions qui ne sont pas réunies, estime le magistrat conservateur. Ce proche de Ronald Reagan rappelle notamment que la mise en œuvre de ces nouvelles normes coûtera 10 milliards de dollars (9 Md€) par an aux exploitants de centrales thermiques au charbon. Or, les bénéfices sanitaires évalués par l’EPA ne s’élèvent «qu’à» 4 à 6 Md$ par an. Conclusion logique: le montant des investissements nécessaires à la dépollution des centrales est bien supérieur aux effets positifs sur la santé des riverains des installations, il n’y a donc pas lieu d’imposer aux industriels des contraintes financières trop élevées.

«Désappointés» par l’arrêt Scalia, les dirigeants de l’EPA répondent que la réduction des émissions polluantes aurait généré de 37 à 90 Md$ de retombées positives, et notamment la prévention de 11.000 décès prématurés et 130.000 nouveaux cas d’asthme chaque année.

518 centrales

Les normes avaient commencé à être appliquées au mois d’avril et devaient être généralisées en 2016 aux 518 centrales à charbon américaines. Pour autant, la décision de la Cour suprême devrait avoir des effets limités.

Anticipant l’entrée en vigueur des nouvelles limites d’émission, la plupart des électriciens ont déjà équipés leurs centrales de nouveaux filtres ou ont carrément substitué le gaz naturel, moins polluant, au charbon. Selon certaines estimations, les deux tiers des centrales concernées auraient déjà été modernisées ou arrêtées. Ce qui devrait, malgré tout, réduire l’empreinte carbone du secteur électrique américain.

 



[1] Mercure, arsenic, notamment.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus