Le chantier de l’EPR à l'arrêt après le décès d’un ouvrier

Le 26 janvier 2011 par Sabine Casalonga
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Les quelque 2.000 ouvriers de Bouygues sur le chantier du réacteur nucléaire à Flamanville (Manche) n'ont pas travaillé mardi 25 janvier en signe de deuil après le décès accidentel d'un ouvrier, a indiqué EDF, maître d'œuvre du chantier qui emploie plus de 3.200 personnes, selon l’AFP.

« Une minute de silence a été observée sur le chantier ce matin et Bouygues, voyant que ses salariés étaient très affectés, les a invités à rentrer chez eux », a indiqué un porte-parole d'EDF à l'AFP. « L'activité de l'ensemble du chantier reprendra mercredi sauf dans la partie concernée par l'enquête, le bâtiment réacteur qui emploie une quarantaine de personnes », a-t-il ajouté.

Lundi matin, un ouvrier de 37 ans, qui travaillait en intérim pour une société spécialisée en charpente et mécano-soudure, Normetal, est décédé après une chute d'une quinzaine de mètres. Selon le parquet, la passerelle sur laquelle il se trouvait a été heurtée par le chargement d'une grue. Le chantier compte 20 à 30 grues.

Interrogé mardi soir par l'AFP, le procureur de la République de Cherbourg Eric Bouillard a souligné la complexité de l'enquête, étant donné notamment la multiplicité des acteurs, et le matériel à expertiser. « Il faudra du temps pour établir s'il y a des responsabilités et si oui quelles elles sont », a-t-il déclaré. Sur le plan du droit du travail, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) doit rendre un rapport, mais pas avant plusieurs semaines.

« Je ne veux pas anticiper sur l'enquête mais, quand même, depuis le temps qu'on signale des problèmes avec Bouygues… », a commenté le délégué CGT d'EDF pour le chantier, rappelant qu'en avril un grutier a été licencié par Bouygues après avoir, selon le syndicat, exercé son droit de retrait pour des questions de sécurité. Bouygues avait alors évoqué pour sa part un refus d'obéir à un supérieur.

La CGT soupçonne en outre Bouygues d'avoir renvoyé les salariés chez eux mardi pour éviter qu'ils ne répondent aux questions des enquêteurs, selon l’AFP.

Le taux d'accidents du travail sur le chantier était toutefois - avant cet accident - conforme aux objectifs d'EDF, c'est-à-dire nettement inférieur à la moyenne nationale du bâtiment. L'EPR de Flamanville fait figure de vitrine pour un réacteur que la France veut exporter, mais le chantier accuse un retard d'au moins deux ans, rappelle l’agence de presse.

 



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