Le changement climatique entre dans les manuels scolaires américains

Le 08 mars 2013 par Marine Jobert
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Un poster de l'Oncle Sam détourné en faveur de la lutte contre le changement climatique.
Un poster de l'Oncle Sam détourné en faveur de la lutte contre le changement climatique.
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Le changement climatique fait son entrée officielle dans les livres scolaires des petits Américains. La rédaction et l’adoption, par 26 Etats (bientôt rejoints par 15 autres), de nouveaux standards éducatifs en matière scientifique, va mettre fin à une vingtaine d’années de climato-scepticisme plus ou moins rampant dans les classes du pays. «Tous ces efforts déployés pour promouvoir le climato-scepticisme dans la jeunesse pourraient avoir des effets à long terme sur notre capacité à faire face au changement climatique», a expliqué Franck Niepold, le coordinateur sur l’éducation au climat de la National Oceanic and Atmospheric Administration (Noaa, une agence officielle américaine). Ces standards demandent aux pédagogues de débuter leur enseignement dès l’école élémentaire, de façon interdisciplinaire et sans les cantonner à des matières comme les sciences de la terre ou de l’environnement. Au collège, les professeurs sont invités à présenter la question comme un problème auquel les humains doivent s’adapter et qu'ils doivent résoudre. Des cours et des expérimentations seront consacrés à la préparation aux inondations causées par l’élévation du niveau de la mer ou à inventer une technique de capture du CO2.

 

Jusqu’ici, tous les sujets faisaient l’objets de standards nationaux, dont les Etats pouvaient s’inspirer ou s’affranchir, mais qui avaient le mérite d’exister. Rien de tel pour les sciences. Une tentative de changement, en 1996, s’était soldée par un échec. Et depuis, chaque Etat –et parfois chaque établissement- était laissé libre d'édicter le contenu des programmes. Depuis 2010, le National Research Council, conjointement avec d’autres organismes en lien avec l’éducation, planchait sur le sujet, pour accoucher cette année de données en phase avec les connaissances les plus récentes. Car le sujet avait fini par devenir tabou dans les écoles, comme le rapporte le site Inside Climate News. «Beaucoup de professeurs évitaient le sujet pour éviter la confrontation tant avec les administrateurs conservateurs que les parents. D’autres l’enseignaient en tant que théorie controversée, soit parce qu’ils n’admettaient pas les preuves en faveur du changement climatique ou soit qu’ils le rejetaient.» Dans plus d’une douzaine d’Etats, rapporte le site, des «Academic freedom bills» ont essaimé depuis 2001, qui prévoyaient que les enseignants qui tiendraient des propos anti-évolutionistes ou climato-sceptiques puissent bénéficier d’une protection.

 

Les plus gros éditeurs de manuels scolaires du pays, de leur côté, sont déjà en train de s’approprier les nouveaux standards pour les incorporer dans leurs ouvrages. «Nous estimons que 80 à 90% des Etats adopteront à terme ces standards ou s’en inspireront pour rédiger leurs propres programmes», estime l’un d’eux. L’Etat du Texas a déjà annoncé qu’il ne les adopterait pas pour l’heure. «Ce n’est pas que nous ne sommes pas d’accord avec les informations scientifiques contenues dans les nouveaux standards», a déclaré une porte-parole de l’agence pour l’éducation au Texas. «Nous faisons le choix de les écrire nous-mêmes. C’est ainsi que nous avons toujours procédé.»

 



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