Le changement climatique change la salinité des océans

Le 01 février 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Depuis des décennies, les océanographes notent une évolution de la salinité des océans, notamment dans les régions tropicales de l’Atlantique et du Pacifique. Un phénomène qui doit être imputé aux changements climatiques.


Des chercheurs  viennent de montrer que cette accentuation est imputable à l'augmentation de la concentration atmosphérique des gaz à effet de serre.


Dans un communiqué mis en ligne aujourd’hui, le CNRS indique que trois équipes françaises ont montré qu’au cours des 30 dernières années les eaux de surface des «oasis» océaniques (régions de faible salinité) sont devenues plus douces et les «déserts» (régions de fortes salinité) plus salés.


«Cette accentuation des contrastes spatiaux de la salinité de surface concerne les bassins océaniques (l'écart entre l'Atlantique, plus salé, et le Pacifique s'accroit) mais aussi l'intérieur des bassins (les eaux de la piscine d'eau chaude et douce du Pacifique Ouest (Warm et Fresh Pool) deviennent plus douces).»

Les chercheurs ont comparé ces tendances observées de la salinité aux résultats d’un ensemble de simulations climatiques, dites simulations préindustrielles, portant sur plusieurs siècles et utilisant une concentration atmosphérique  des gaz à effet de serre fixée à son niveau préindustriel.

Ils ont ainsi pu montrer qu’elles ne peuvent être dues à la variabilité climatique naturelle (intrinsèque), que l’on pourrait observer en l'absence de toute variation des forçages externes tels que gaz à effet de serre, aérosols volcaniques et insolation.

Les scientifiques français ont ensuite comparé ces tendances à celles simulées pour le XXe siècle par un «multimodèle» (moyenne des simulations réalisées avec chacun des modèles climatiques du projet d’intercomparaison CMIP3) conçu de manière que les effets de la variabilité naturelle s’annulent et que ses résultats soient donc seulement représentatifs du forçage anthropique.

Ils ont ainsi pu observer une forte similitude entre ces tendances. Ce résultat indique que les tendances observées de salinité de surface, qui témoignent d'une évolution récente du cycle tropical de l'eau, «sont très probablement une réponse à l'augmentation concomitante de la concentration atmosphérique des gaz à effet de serre».

Les projections sur le XXIe siècle réalisées avec ce même multimodèle en réponse aux scénarios d'augmentation des GES du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) de 2007 montrent en outre que cette accentuation des contrastes spatiaux de la salinité va se poursuive, et ce dans les mêmes régions océaniques.

Ces questions sont d’importance car ces changements de salinité de surface pourraient avoir des conséquences importantes sur la circulation océanique, en raison de l'influence de la salinité sur la densité de l'eau de mer et la stratification des couches de surface, ou encore sur la variabilité d’El Niño avec la Warm Pool du Pacifique Ouest, qui est la région du Pacifique qui se dessale le plus.

 



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