Le CGEDD dresse un piètre bilan du plan «submersion rapide»

Le 17 juin 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Gestion du risque inondation : une réforme s'impose.
Gestion du risque inondation : une réforme s'impose.

Trois ans après son lancement officiel, le conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) dresse un premier bilan du plan submersion rapide (PSR). Initié à la suite au passage catastrophique de la tempête Xynthia, ce programme souffre encore de graves insuffisances, estime le rapport mis en ligne ce vendredi 13 juin.

Feuille de route de l’état en matière de prévention des risques d’inondation, le plan national prévoyait une soixantaine d’actions, financées en partie par le fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM, dit fonds Barnier[1]). Il prévoyait, en particulier, le lancement des programmes d’actions de prévention des inondations (Papi), l’accélération des plans de prévention des risques littoraux (PPRL), le confortement de 1.200 km de digues, l’obligation pour les communes à risque d’établir des plans communaux de sauvegarde. Sans oublier la maîtrise de l’urbanisation dans les zones à risques.

Des acteurs un peu perdus

Trois ans plus tard, où en sommes-nous ? Devant le nombre important de programmes de lutte contre les inondations (PSR, Papi, PPRL, Stratégie nationale de gestion du risque inondation, directive inondation, etc.), les acteurs s’y sont un peu perdus. Et non plus considérés le PSR que comme un plan de renforcement des digues. D’où la recommandation que «sur des territoires cohérents, la gestion du risque inondation, au travers de stratégie locale (SLGRI) et de volet contractuel, les programmes d’action de prévention (Papi) coïncide dès que possible avec la structuration de maîtrises d’ouvrage pérennes.»

Le CGEDD estime qu’avec les moyens limités dont disposent les pouvoirs publics, il faut faire des choix. «La plupart des interlocuteurs et la plupart des moyens de lutte contre les inondations mêlent, indistinctement, la protection des hommes et la protection des biens.» Faute de priorité, on a tendance à réaliser des ouvrages considérables, quand une «simple» sirène d’alerte suffirait.

Quid de la culture du risque?

S’ils reconnaissent que la prévision des événements extrêmes a progressé, les experts critiquent le peu d’investissement réalisés en matière de culture du risque, d’aménagement raisonné et de gestion de crise. Deux exemples. Identifiés en 2011, la quasi totalité des PPRL ont été prescrits, mais ne sont toujours pas approuvés. Parfaitement connus des services publics, des campings situés en zone inondable dangereuse n’ont toujours pas été déménagés.

Pour une fois, l’argent ne fait pas (encore) défaut. Depuis le lancement du PSR, 970 millions d’euros de travaux ont été identifiés. Ils portent sur le renforcement de 335 kilomètres de digues. Montant du devis : 970 M€. Problème : « peu de crédits ont été effectivement consommés, hors acquisition immobilière et démolition, et les programmes de travaux sont loin d’être achevés. » à ce rythme, les 1 200 kilomètres du linéaire à risque est loin d’être réparé.

faute d'entretien

Si l’état et les collectivités sont souvent montrés du doigt, députés et sénateurs ne sont pas épargnés. «Le fonds Barnier a évolué sous l’impulsion des parlementaires vers des investissements ciblés de prévention et est désormais devenu un outil de financement quasi-systématique des investissements de prévention, souvent comme palliatif à un défaut d’entretien courant», expliquent les rapporteurs.  

Pour améliorer un dispositif ambitieux, le CGEDD formule une trentaine de recommandations : plan d’action pour évacuer les campings à risque, diffusion des bonnes pratiques peu coûteuses pour réduire la vulnérabilité, au paiement des agriculteurs qui entretiendront les champs d’expansion des crues, en passant l’amélioration de la couverture radar. Sans oublier la réforme du financement de la prévention du risque inondation… histoire d’éviter que les clients des assureurs ne règlent l’addition des collectivités locales.



[1] Créé par la loi du 2 février 1995, le fonds Barnier était destiné à financer les indemnités d'expropriation de biens exposés à un risque naturel majeur. Son utilisation a été élargie à d'autres catégories de dépenses. Le fonds Barnier est alimenté par un prélèvement de 12 % sur la prime «catastrophes naturelles» des contrats d'assurance habitation et automobile.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus