Le Cese appelle à développer le stockage de l’énergie

Le 09 juin 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Contrairement à la France, la Suisse cherche à développer ses capacités de pompage turbinage.
Contrairement à la France, la Suisse cherche à développer ses capacités de pompage turbinage.
VLDT

Le développement des énergies renouvelables, notamment électriques, participera à la décarbonisation du secteur de l’énergie. C’est entendu. Mal gérée, l’intermittence de la production éolienne ou photovoltaïque peut aussi contribuer à déstabiliser le réseau électrique. D’où l’importance du stockage de l’électricité, a rappelé ce mardi 9 juin Alain Obadia, lors de la présentation de son rapport sur le stockage de l’énergie au Conseil économique, social et environnemental (Cese).

L’ancien numéro 2 de la CGT milite notamment pour le développement de trois filières: les stations de transfert d’énergie par pompage (Step), les batteries et l’hydrogène.

La France n’a pas atteint ses objectifs

La France détient d’ailleurs quelques sérieux atouts. EDF exploite déjà 6 Step, pour une puissance de restitution de 4,3 gigawatts électriques. Hélas, elle ne sera pas en mesure d’atteindre les objectifs fixés par la programmation pluriannuelle des investissements électriques de 2009 (+ 2 GWe entre 2009 et 2020).

 

Dans un rapport publié ce 9 juin, l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena) estime que, pour accompagner le développement des énergies renouvelables électriques, les électriciens devront mettre en service 150 GW de stockage par batterie et 325 GWe de capacité de restitution par pompage-turbinage d’ici 2030. Un sacré challenge!

Sous le feu de l’actualité automobile, les batteries peuvent aussi constituer des éléments de stabilisation du réseau dans des installations stationnaires de grande puissance. C’est d’ailleurs ainsi qu’EDF assure la sécurité des systèmes électriques dans des régions à risque: DOM-COM, Bretagne, Provence-Alpes-Côte d'Azur. L’électricien et sa filiale ERDF testent plusieurs systèmes de batteries pour conjuguer forte production intermittente et sécurité du réseau. D’autres recherches sont en cours. Elles visent essentiellement à diminuer les coûts de stockage (de 150 à 1.200 euros le mégawattheure actuellement) et à trouver de nouveaux types d’électrolytes, notamment pour les utilisations mobiles (voitures).

Le stockage n’intéresse pas seulement l’électricité, mais aussi le gaz. Et pour ce cas particulier, c’est l’hydrogène qui s’y colle. Sur terre, deux utilisations énergétiques peuvent être faites du principal constituant du soleil: stationnaire et embarquée.

Power to gas

 «De l’hydrogène produit par l’utilisation d’électricité excédentaire de renouvelables variables peut être injecté dans le réseau de gaz et contribue à l’utilisation d’un gaz partiellement décarboné tout en diminuant la consommation de gaz fossile», explique Alain Obadia. Selon une étude prospective de l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), le potentiel de ce power to gas pourrait atteindre 73 térawattheures par an d’ici 2050: l’équivalent de 15% de notre consommation actuelle de gaz naturel.

Ce vecteur énergétique peut aussi servir de «carburant» à des piles à combustible embarquées, dans des voitures notamment. Avantages: une plus grande autonomie que le véhicule électrique rechargeable, avec un bilan carbone nul. Inconvénients: l’hydrogène reste cher à produire et complexe à distribuer. La France ne compte d’ailleurs que 5 stations-service.

Pour développer ces trois filières, le rapporteur suggère classiquement de soutenir la recherche. Pour favoriser le passage de la recherche à l’industrialisation, l’ancien leader communiste milite aussi pour la création de «PME innovantes, à partir d’une coopération avec le système de recherche». Reste à savoir si EDF, Bolloré, Engie ou Air Liquide verront d’un bon œil l’émergence de possibles compétiteurs. Alain Obadia recommande également la constitution d’un corpus juridique européen. Enfin, pour accélérer le renouvellement des modèles d’affaires des électriciens, le rapporteur propose de taxer les émissions de CO2 «à la hauteur de leurs dégâts réels».

 

 

 



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