Le cerveau des obèses vieillit plus vite

Le 12 septembre 2012 par Romain Loury
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Et les tests le prouvent.
Et les tests le prouvent.

L’association obésité/troubles métaboliques pourrait accélérer le déclin cognitif lié au vieillissement, selon une étude franco-britannique publiée dans la revue Neurology.

Maladies cardiovasculaires, diabète, certains cancers… Déjà bien fournie, la liste des méfaits connus de l’obésité vient encore de s’allonger, avec les travaux menés par des chercheurs du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP, hôpital Paul Brousse, Villejuif) et de l’University College de Londres.

Selon eux, le déclin cognitif serait plus rapide chez les personnes atteintes d’obésité et souffrant en plus de troubles métaboliques, tels qu’hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie, hypertension et hyperglycémie. Un phénomène qui ressort clairement de l’analyse de 6.401 personnes issues de la cohorte britannique Whitehall II, âgées de 50 ans en moyenne.

Sans surprise, les personnes de poids normal et sans anomalies métaboliques obtiennent les meilleurs résultats, aussi bien à l’entrée dans l’étude qu’en termes de progression sur 10 ans. Comparés à ce groupe contrôle, les obèses souffrant de troubles métaboliques présentent un déclin cognitif 22,4% plus rapide, aussi bien en termes de mémoire, de raisonnement que de parole.

Selon l’équipe, les pathologies cardiovasculaires découlant de l’obésité pourraient altérer le cerveau. Autre hypothèse, certains facteurs sécrétés par le tissu adipeux (leptine, adiponectine) accélèreraient le vieillissement cérébral. Rien n’exclut aussi une cause commune à l’obésité et au déclin cognitif, telle qu’un facteur génétique, voire l’exposition in utero à des contaminants chimiques.

Selon un communiqué de l’Inserm, les chercheurs vont maintenant s’intéresser à l’éventuelle réversibilité de cet effet. A savoir s’il est possible qu’une personne regagne un déclin cognitif normal, lorsqu’elle retrouve un poids normal après quelques années d’obésité.

Qu’il soit possible ou non de les corriger, les méfaits cérébraux de l’obésité pourraient se faire sentir très tôt. Une étude new-yorkaise vient ainsi de les mettre en évidence chez des adolescents: ceux souffrant de surpoids ou d’un syndrome métabolique présentaient non seulement de moindres résultats aux tests neuropsychologiques, mais aussi des altérations cérébrales visibles en imagerie.

 



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