Le CEA présente son bilan 2006 de maîtrise des risques

Le 06 juin 2007 par Bérangère Lepetit
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Hervé Bernard, directeur du pôle maîtrise des risques, s’est félicité, mardi 6 juin, des résultats obtenus par le CEA en 2006 en matière de sécurité. Des efforts restent cependant à faire pour renforcer la culture de radioprotection et la bonne gestion des sources radioactives.

Pour le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), 2006 serait donc une bonne année. Après des remontrances en 2005, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) estimait en effet début 2007 que le CEA avait accompli des «progrès en matière de sûreté» l'an passé.

Le 7 février 2006, le CEA renouvelait son plan triennal pour l'amélioration de la sûreté et de la sécurité, qui s'attachait notamment à la réduction des accidents du travail et à la limitation du nombre des sources radioactives. Ce plan semble porter ses fruits: seuls 118 accidents avec arrêt de travail ont été déclarés au CEA en 2006, pour 317 en 2005. «Des accidents de la vie courante, des chutes, des accidents de la route lors des trajets», précise Hervé Bernard. «On récolte le prix des efforts engagés en 2005 dans l'identification des risques professionnels», poursuit-il.

Ces donnés ne tiennent pas compte de l'irradiation éventuelle des salariés, d'autant plus que l'année 2006 n'en comptabilise aucun. 7.373 salariés du CEA ont été surveillés par dosimétrie passive (1) en 2006 et 93% d'entre eux ont reçu une dose nulle. Les 7% exposés ont reçu une dose individuelle en diminution par rapport à 2005: 0,70 milliSievert (mSv) contre 0,80 mSv en 2005 (depuis 2003, le CEA applique la limite annuelle de 20 mSv fixée pour les travailleurs).

Le directeur de la maîtrise des risques a toutefois souligné qu'il ne fallait pas relâcher l'effort entrepris pour renforcer la culture de la radioprotection. 90 «événements significatifs», dont un événement de niveau 2 (2) ont encore été déclarés en 2006, contre 78 en 2005 (3). Des incidents qui s'expliquent, selon Hervé Bernard par «des défaillances humaines et organisationnelles plutôt que techniques».

Cet événement de niveau 2 est survenu le 6 novembre 2006 dans une installation en fin de vie sur le site de Cadarache et a entraîné deux mois d'arrêt d'exploitation. Un lot de rebut de matières fissiles a été introduit dans un broyeur alors que celui-ci contenait encore une partie du lot précédent: la limite maximale autorisée par les consignes d'exploitation a donc été dépassée. Cela dénote, pour la direction des risques, un «affaiblissement de la culture de sûreté du personnel de l'installation». Un sujet sur lequel compte travailler le CEA pendant les deux années à venir.

D'après le bilan 2006, les rejets dans l'environnement des différents sites du CEA sont restés stables par rapport à l'année précédente. Une surveillance détaillée de l'environnement est mise en place autour de chaque site. Son contenu est actualisé régulièrement et adapté à la nature des activités exercées. Concernant les déchets radioactifs, des «études déchets» ont été établies pour chaque centre CEA. Elles consistent à déterminer les zones contaminées par des substances radioactives ou les zones susceptibles d'être contaminées. 95% de la radioactivité est contenue dans moins de 1% du volume de déchets.

En 2006, 10.812 tonnes de déchets très faiblement radioactifs (TFA) ont été expédiés par le CEA au centre de stockage national de l'Agence nationale pour la gestion des déchets (Andra) à Morvilliers, dans l'Aube. Les déchets de faible et moyenne activité à vie courte ont, eux, été centralisés dans des stations de traitement des déchets de différents centres du CEA pour être ensuite incinérés à l'usine Centraco de Marcoule, ou stockés, après traitement, au centre de stockage de l'Aube. 5.075 mètres cubes ont ainsi été expédiés dans l'Aube en 2006. Quant aux déchets de moyenne activité ou de haute activité à vie longue, ils sont entreposés en attente d'une solution définitive dans des installations sur le site de Cadarache ou de Marcoule.

Demeure un domaine où le CEA estime que des efforts restent à faire: il s'agit de la gestion des sources radioactives. «La réglementation nous oblige depuis 2002 à renouveler ou à ne plus utiliser les sources scellées de plus de 10 ans d'âge et nous devrions déjà être en conformité avec cette nouvelle règle», note Hervé Bernard. Le CEA doit normalement fournir à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) un formulaire pour chaque source en utilisation. Rien n'a encore été entrepris.



(1) Selon le CEA, «la dosimétrie passive mesure, de façon différée, la dose reçue par le travailleur sur une période de temps donnée».

(2) selon l'échelle de l'Ines (de l'anglais, International Nuclear Event Scale), qui est «l'échelle internationale des évènements nucléaires». Cette échelle compte 8 niveaux de gravité. Les évènements de niveau 1 à 3, sans danger pour l'homme et l'environnement, sont qualifiés «d'incidents». La catastrophe de Tchernobyl a été classée «niveau 7».

(3) L'écart s'explique par le transfert des installations du site de Marcoule d'Areva au CEA.





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