Le casse-tête de la responsabilité du changement climatique

Le 26 juillet 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La consommation d'énergie devrait bondir de 90% dans les pays émergents et en développement d'ici 2040
La consommation d'énergie devrait bondir de 90% dans les pays émergents et en développement d'ici 2040

Les projections des émissions de gaz à effet de serre sont rarement annonciatrices de bonnes nouvelles. Et la dernière en date ne fait pas exception à la règle. Jeudi 25 juillet, le service de statistiques du département à l’énergie américain (EIA) a publié sa traditionnelle étude prospective sur l’énergie dans le monde.

Relativement complet, le rapport de l’EIA est l’une des études internationales de référence sur l’énergie et les émissions anthropiques de CO2, à l’instar du World Energy Outlook que publie, chaque automne, l’agence internationale de l’énergie.

Pas de scoop à attendre de l’épluchage de la dernière mouture de l’International Energy Outlook. Tirée par le développement des pays émergents, asiatiques notamment, la consommation mondiale d’énergie est appelé à augmenter, globalement, de 56% entre 2010 et 2040.

Mais le monde se divise de plus en plus. Alors que la demande des pays membres de l’OCDE ne devrait progresser que de 17% d’ici 2040, elle devrait bondir de 90% dans les pays en développement et émergents sur la même période. A cette échéance, ces derniers consommeront donc plus de 65% des gigawattheures mondiaux.

Ce qui alourdira leur empreinte carbone. Selon les estimations de l’EIA, les rejets carbonés devraient atteindre 45,5 milliards de tonnes de CO2 en 2040: 46% de «mieux» qu’en 2010. Les ex-pays les plus industrialisés (OCDE) verront les leurs croître de 38% en 30 ans. Durant cette même période, les émissions des pays émergents (ou émergés, selon les cas) devraient progresser de 127%.

En 2040, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie, le Mexique et les autres seront à l’origine des deux tiers du gaz carbonique mondial, contre un tiers pour les pays de l’OCDE. Cet accroissement d’une tendance amorcée depuis le début des années 2000 ne devrait pas faciliter les négociations internationales sur le climat.

L’avancée des «COP[1]» et autres réunions intermédiaires est souvent ralentie par le débat, stérile, sur la responsabilité des changements climatiques. Depuis des années, les pays émergents et les moins avancés soutiennent que c’est au Nord de payer la note climatique puisque les nations d’Europe et d’Amérique du Nord sont à l’origine de l’essentiel du dioxyde de carbone relâché depuis la révolution industrielle de 1750. Ce dont témoigne encore une étude, récemment publiée dans Nature Climate Change, par le climatologue français Philippe Ciais (LSCE).

En revanche, la responsabilité des émissions actuelles et, plus encore, futures, incombe directement aux ex-pays en voie de développement. Un argumentaire à manier avec grande précaution dans les instances onusiennes…

http://www.nature.com/nclimate/journal/vaop/ncurrent/full/nclimate1942.html

http://www.eia.gov/forecasts/ieo/



[1] pour conférences des parties

 



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