Le casse-tête de l’affichage environnemental

Le 04 septembre 2009 par Sonia Pignet
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Le Grenelle de l’environnement a décidé de généraliser l’affichage des informations environnementales sur les produits et services. Pour ce faire, l’Ademe et l’Afnor ont piloté un groupe de travail qui vient de terminer l’étude commune à tous les produits.

Début juillet 2009, la plateforme Ademe-Afnor sur l’affichage environnemental a bouclé l’annexe méthodologique du référentiel de bonnes pratiques sur l’affichage environnemental des produits de grande consommation, document publié en juillet 2008. Cette annexe (1), résultat d’une année de travail, doit permettre aux professionnels de savoir comment procéder, concrètement, pour afficher les performances environnementales de leurs produits. Que faut-il prendre en compte dans le volet transport? Comment inclure la fin de vie du produit dans son empreinte? Quel modèle énergétique retenir pour la production et l’utilisation du produit? Autant de questions auxquelles ont répondu le groupe de travail sur la méthodologie générale. «L’annexe méthodologique est tellement complexe que nous sommes en train de rédiger une explicitation à ce document», indique Christine Cros, chef du département éco-conception et consommation durable à l’Ademe.

Pour la seule analyse de cycle de vie (ACV), à l’origine de tous les calculs, les discussions sont allées bon train. Certes, une ACV ne sera pas demandée pour chaque produit, mais elle constitue le point de départ de la réflexion puisqu’elle permet d’identifier quels impacts sont les plus importants, donc quels indicateurs devront figurer sur l’étiquette (seul le CO2 devrait apparaitre pour toutes les familles de produits).

«L’ACV est aujourd’hui encadrée par les normes européennes 14040 et 14044, assorties de documents d’aide à l’application gérés par l’Afnor», explique Corine Del Cerro, responsable Développement normalisation sur l’environnement à l’Afnor. L’ACV s’est construite petit à petit depuis le début des années 90, et doit pouvoir s’appliquer à tout type de produit ou service. Un souci de généralisation qui débouche sur une méthodologie complexe et pas forcément adaptée, selon certains syndicats professionnels.

Ainsi, le Comité français de l’emballage papier-carton (Cofepac) va jusqu’à demander une révision des ACV. Pour Gilles Barreyre, secrétaire général du Groupement français des fabricants de papier-carton d'emballage (Procelpac) et participant à la plate-forme Ademe/Afnor sur l’affichage environnemental, il faudrait par exemple intégrer le temps dans l’ACV. «Comment comparer l’empreinte environnementale d’un pont en bois qui dure 20 ans, et d’un pont en acier qui dure 100 ans, sans tenir compte de leur durée de vie?», s’interroge-t-il. Les fabricants de papier-carton réclament une meilleure comptabilisation de l’eau, «qui permettrait de diviser par 4 les volumes considérés actuellement comme consommés par l’industrie du papier-carton», précise Gilles Barreyre; la prise en compte de la ‘renouvelabité’ des matières premières (qui profiterait à la cellulose); ou encore une approche dite ‘en boucle’ de l’ACV. «Aujourd’hui, peu de logiciels intègrent le recyclage dans l’analyse d’impact, regrette-t-il. Or avec l’approche linéaire de l’ACV, le résultat indique qu’il est préférable d’utiliser de la matière neuve plutôt que recyclée, car le processus est moins énergivore». Sur ce point, Cofepac a obtenu satisfaction puisque l’annexe méthodologique a pris en compte l’approche en boucle.

Au final, l’annexe propose des évolutions sur l’ACV et la fin de vie des produits, elle fixe les frontières des études, etc. «Cette annexe peut déboucher sur une norme française expérimentale, indique Christine Cros. Cependant, la France s’alignera sur les normes internationales si ces dernières évoluent différemment».

Désormais, une quinzaine de groupes vont travailler par type de produits (par exemple horlogerie, pièces de rechange automobiles, détergents, etc.). Les différents groupes de travail vont s’appuyer sur cette annexe. Dans un an, ce document sera revisité, et amendé le cas échéant, à la lumière des retours d’expériences acquis durant cette année.

(1) La version définitive n’est pas encore disponible


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