Le canal Seine-Nord remis à flot par le rapport Pauvros

Le 11 décembre 2013 par Stéphanie Senet
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Rémi Pauvros propose un nouveau projet dont le coût est réduit à 4,5 Md€
Rémi Pauvros propose un nouveau projet dont le coût est réduit à 4,5 Md€

Mis en veille en raison de son coût pharaonique (environ 7 milliards d’euros), le projet de canal Seine-Nord pourrait être remis à flot, avec la publication, ce 11 décembre, du rapport Pauvros. Celui-ci propose une nouvelle configuration, dont le coût est réduit à 4,5 Md€ et dont le pilotage serait confié à une société publique et non plus un partenariat public-privé.

S’étendant sur 106 kilomètres de long et 54 mètres de large, le canal Seine-Nord-Europe a pour finalité de relier Compiègne à Douai et de créer un réseau fluvial à grand gabarit entre les bassins de la Seine et du Nord Pas-de-Calais-Belgique.

 

Lancé par le précédent gouvernement pour développer le transport fluvial, le projet avait vu son coût exploser, passant de 4,4 Md€ en 2009 selon Voies navigables de France (VNF) à 7 Md€ selon les offres remises par les candidats au partenariat public-privé (PPP). En outre, l’Europe n’a pour l’heure donné son feu vert qu’à un co-financement à hauteur de 6,22% (330 M€).

 

Pour réduire la facture, le ministre des transports Frédéric Cuvillier avait demandé, en avril dernier, au député Rémi Pauvros (SRC, Nord), de plancher sur une nouvelle version.

 

Participation européenne élevée à 40%

 

Le rapport du député-maire de Maubeuge préconise d’abaisser la note de l’Etat en relevant la participation européenne à 40% du coût des travaux et à 50% du coût des études, comme le permet le nouveau Mécanisme d’interconnexion en Europe (MIE) voté en novembre 2013.

 

Economie oblige, il propose aussi de réutiliser le canal du Nord sur 10 km, de supprimer une écluse, de réduire de moitié la hauteur de la plus grande écluse et de différer certains équipements comme l’approvisionnement en eau autour de Lille.

 

Une société publique remplace le PPP

 

Par ailleurs, l’option d’un PPP, retenue par le gouvernement précédent, cède la place à une société publique dont VNF et les collectivités seraient actionnaires

 

Au final, la réalisation de ce projet ne devrait pas excéder 4,5 Md€ HT: le coût initial. Le rapport indique que les travaux pourraient commencer en 2015, pour une ouverture du tronçon central entre 2020 et 2023.

 

S’il voit le jour, ce canal, envisagé dans les années 1990, permettrait d’alléger les émissions de CO2 issues du fret. 1 kilo équivalent pétrole permet en effet de transporter une tonne de marchandises sur 275 km par convoi fluvial contre 50 km par la route. Une péniche de 1.500 tonnes émet environ 4 fois moins de CO2 qu’un poids lourd (par kilomètre et par tonne transportée) selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) (1).

 

La Belgique, qui a développé de grands projets, a permis d’accroître la part du fluvial de 10 à 18% des marchandises transportées entre 2000 et 2010. En France, le transport routier reste encore très présent, touchant 80% du fret, contre 4% seulement pour le fluvial.

 

En matière de report modal, le rapport Pauvros se contente toutefois de proposer «une réflexion pour aboutir à un objectif à l’horizon 2030».

 

(1)http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?sort=-1&cid=96&m=3&catid=16309

 



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