Le canal Seine-Nord en voie d’abandon?

Le 30 août 2012 par Stéphanie Senet
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Un serpent de mer depuis des années
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VNF

Les 106 nouveaux kilomètres de voie fluviale devant connecter la Seine au réseau d’Europe du Nord risquent de ne jamais voir le jour. Le ministère de l’écologie a annoncé, ce 30 août, avoir commandé un rapport de faisabilité financière au Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) et à l’Inspection générale des finances (IGF). L’objectif est «d’analyser la capacité des candidats à réunir les financements privés nécessaires à la réalisation de l’opération», indique un communiqué. La veille, le PDG de Bouygues Construction, l’un des deux postulants avec Vinci-Eiffage, avait annoncé que l’opération était suspendue.

Au cœur du blocage se trouve le coût déjà pharaonique du projet -4,3 milliards d’euros selon Voies navigables de France (VNF) en 2009- qui serait de surcroît sous-évalué. Selon le précédent gouvernement, la facture devait être partagée entre l’Etat (2,2 Md€) et les partenaire privés (2,1 Md€). Un dialogue compétitif a été lancé dans ce sens en avril 2011 (1). Mais les offres déposées à l’automne 2011 ont finalement dépassé l’enveloppe initiale.

Dans un contexte de restriction budgétaire, le canal Seine-Nord n’apparaît plus comme une nécessité absolue. Yves Gabriel, le PDG de Bouygues, a renvoyé la balle à VNF, déclarant qu’il n’avait pas reçu de sa part «les règles du jeu pour la prochaine étape du dialogue compétitif pour l’attribution du contrat», alors que les offres finales devaient être présentées à l’automne et le choix réalisé avant fin 2012. «Cela prouve l’absence de volonté du gouvernement de réaliser cet ouvrage», a-t-il ajouté. VNF estime au contraire que le blocage est imputable à Bouygues. «C'est le groupe Bouygues qui a décidé de suspendre sa participation au dialogue compétitif, sachant que le dialogue est proche de sa conclusion et que donc il ne voulait pas continuer à travailler sur le dossier avant d'avoir des éclaircissements de l'Etat», a indiqué le président de VNF Alain Gest.

De son côté, le ministre des transports Frédéric Cuvillier a indiqué à plusieurs reprises avoir des doutes sur la faisabilité du projet, dont il estime le coût sous-évalué. Sans de nouvelles pistes de financement, provenant des collectivités locales ou de l’Union européenne, le projet risque d’être tout simplement abandonné.

(1) Un dialogue compétitif avec les deux candidats avait été lancé en avril 2011 par le précédent gouvernement. Il devait aboutir à un contrat de partenariat public/privé pour le financement, la conception, la construction, l’exploitation, l’entretien et la maintenance du canal et de ses 4 plates-formes modales.

 



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