Le Canada taxé de laxisme sur sa sécurité alimentaire

Le 04 mai 2011 par Romain Loury
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La politique canadienne de sécurité alimentaire fait depuis un mois l’objet de critiques virulentes de la part de plusieurs scientifiques, qui dénoncent une faible traçabilité des aliments.
A l’origine de la polémique, un éditorial publié le 13 avril par 4 éditeurs du CMAJ, la revue de l’Association médicale canadienne: ils y déplorent «les 11 millions de gastro-entérites, voire plus, survenant chaque année dans le pays», qui compte 34 millions d’habitants. L’Etat y est accusé de ne pas avoir tiré les leçons d’une importante affaire de listériose survenue fin 2008, au cours de laquelle 23 personnes sont décédées.
«Ni les autorités publiques, ni l’industrie ne font assez pour prévenir ces intoxications alimentaires», estiment les éditorialistes. «La faiblesse de nos efforts pour détecter, contrôler et recenser les infections alimentaires sont problématiques. C’est encore pire lorsque les infections sont confirmées, et que nous sommes incapables de déceler l’origine de la contamination», ajoutent-ils.
La traçabilité des aliments paraît en effet le point faible du système canadien, selon un rapport publié en juin 2010 par l’université du Saskatchewan. Selon cette analyse de 17 pays industrialisés, le Canada se classe 15e pour ce critère, derrière la Finlande (1ère) et la France (9e), mais devant les Etats-Unis (16e) [1].
Un «Système national de traçabilité des produits agricoles et agro-alimentaires» (NAFTS selon l’acronyme anglais) est actuellement en cours de réflexion au sein de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), indique celle-ci sur son site internet. Il devrait être lancé dans l’année, dans un premier temps pour les filières bovine et aviaire.
La polémique a été lancée à trois semaines de l’élection fédérale du 2 mai, finalement remportée par le parti conservateur, au pouvoir depuis 2006. Interrogés par l’équipe du CMAJ, les trois principaux partis d’opposition (libéraux, nouveaux démocrates, Bloc québécois) s’étaient engagés à renforcer la sécurité alimentaire, tandis que le parti conservateur avait botté en touche en renvoyant à son site internet.
[1] Tous critères confondus, le Canada occupe une place très honorable dans le classement général (4eposition, ex-æquo avec les Etats-Unis), derrière le Danemark (1er), l’Australie et le Royaume-Uni. Il devance de loin la France, avant-dernière devant l’Italie…


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