Le Canada sort du protocole de Kyoto

Le 13 décembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
A peine revenu de la conférence de Durban, Peter Kent a tenu à faire la Une de la presse. Deux heures tout juste après sa descente d’avion, le ministre canadien de l’environnement a confirmé que le Canada allait se retirer du protocole de Kyoto. L’annonce n’est pas, à proprement parler, une surprise.
 
Voilà des mois qu’Ottawa tire à boulets rouges sur le texte signé en 1997. Aux yeux du gouvernement conservateur, l’addendum à la convention de l’ONU sur les changements climatiques compte plusieurs imperfections. Il n’oblige pas la plupart des grands émetteurs (Etats-Unis, Chine, Inde, Indonésie, Brésil, Mexique) à maîtriser leurs émissions. Il coûterait cher au Canada. Sa mise en œuvre n’a pas permis de réduire la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Bref, pour reprendre l’argument-force de Peter Kent: «Kyoto ne fonctionne pas».
 
Mais le principal biais dudit protocole est surtout qu’il a été signé avant que le Canada ne découvre l’importance de ses considérables ressources en hydrocarbures. Huile, gaz naturel, gaz non conventionnels, sables bitumineux: le pays à la feuille d’érable dispose des troisièmes réserves pétrolières mondiales et pointe à la troisième place de la production gazière planétaire.
 
Energie abondante et abordable, exploitation des sables bitumineux énergivore, le Canada n’a pas beaucoup œuvré, ces dernières années, pour réduire son empreinte carbone. Entre 1990 (année de référence du protocole) et 2008, les émissions de CO2 imputables à la consommation de combustibles et de carburants ont bondi de 21%. Incompatible avec Kyoto qui impose au Canada de réduire de 6% ses rejets de CO2 entre 1990 et 2012.
 
Le protocole de Kyoto oblige un pays qui ne respecterait pas ses obligations, fin 2012, à acheter des unités quantifiées attribuées (UQA, les crédits d’émission nationaux) supplémentaires compensant le trop émis, assorti d’une pénalité pouvait atteindre 30% du trop émis. Une peine que n’a sans doute pas voulu risquer le Canada.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus