Le Canada s’inquiète de la pollution de l’air intérieur

Le 07 novembre 2006 par Claire Avignon
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Le Canada s’apprête à légiférer sur un thème environnemental qui ne fait qu’émerger en France: l’air intérieur.

Le volet changement climatique du projet de loi canadienne sur la qualité de l'air fait couler beaucoup d'encre, depuis sa présentation par la ministre en charge de l'environnement, Rona Ambrose, le 19 octobre. Mais ce sont essentiellement les mesures relatives aux émissions de gaz à effet de serre –plutôt l'absence de mesures- qui ont été commentées par les médias et les personnalités politiques.

Il existe pourtant un pan original du projet de loi qui est passé inaperçu. Il s'agit de la prise en compte de la qualité de l'air intérieur. Le gouvernement veut identifier et réglementer «les produits qui pourraient entraîner la détérioration de l'air intérieur.» Peu d'Etats ont déjà légiféré dans ce domaine. Peu d'Etats s'y intéressent tout court, à l'exception notable de la Californie (1). La raison? Les décideurs politiques ont encore peu de données scientifiques à leur disposition.

Pourtant, instinctivement, en pensant aux acariens, aux moisissures, aux produits chimiques utilisés pour le ménage, à la combustion des bougies etc., on peut soupçonner un risque sanitaire. D'autant plus, rappelle le ministère canadien chargé de l'environnement, qu'«il ne faut pas oublier que les Canadiens passent en moyenne 90% de leur temps à l'intérieur et que, par conséquent, la qualité de l'air intérieur est très importante.»

L'intégration de l'air intérieur dans le projet de loi a été l'un des rares points du texte jugé positif par les associations environnementales canadiennes. Dans un communiqué commun du 19 octobre, Clean air foundation, Environmental defence et Pollution probe ont ainsi salué l'élaboration d'une «liste des principaux contaminants de l'air intérieur des locaux, d'une stratégie nationale concernant le radon», ainsi que la réglementation des appareils pour le chauffage au bois, qui ont «un impact considérable sur la qualité de l'air, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur.»

Pourtant, peu d'informations ont encore filtré sur les mesures concrètes qui devraient être prises. Quels polluants seront réglementés? Y aura-t-il des limites d'émissions? Seule exception, le radon, dont la ligne directrice a déjà été soumise à consultation, et devrait être approuvée en 2007. La concentration de ce gaz cancérogène –deuxième cause de cancer du poumon loin derrière le tabac-, émis naturellement par le sol, devrait être abaissée de 800 becquerels par mètre cube (Bq/m3) à 200 Bq/m3 dans les habitations et les édifices gouvernementaux (écoles, hôpitaux, établissements correctionnels, etc.).

En France, seuls les bâtiments publics sont soumis à la réglementation relative au radon, avec un seuil de 400 Bq/m3 au-delà duquel des «actions de corrections simples» sont souhaitables, et un seuil d'alerte de 1.000 Bq/m3 à partir duquel des «actions correctrices, éventuellement d'envergure, doivent être impérativement conduites à bref délai.» Concernant les autres polluants de l'air intérieur, le gouvernement a créé, en 2001, l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur (OQAI) chargé de «mieux connaître la pollution intérieure, ses origines et ses dangers», et de «contribuer à la mise au point de recommandations dans le domaine du bâtiment.» Mais l'OQAI n'a encore diffusé que peu de résultats.



(1) Voir l'article du JDLE intitulé «La Californie lutte contre la pollution de l'air intérieur»




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