Le Canada élargit les émissions des centrales électriques au charbon

Le 06 septembre 2012 par Stéphanie Senet
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Les vieilles centrales ont 50 ans pour s'adapter aux nouvelles normes
Les vieilles centrales ont 50 ans pour s'adapter aux nouvelles normes

Le ministre de l’environnement canadien, Peter Kent, a présenté le 5 septembre le règlement définitif concernant les émissions de CO2 autorisées pour les centrales électriques au charbon.

La nouvelle limite d’émission –moins de 420 tonnes de CO2 par gigawattheure d’électricité produite- a été revue à la hausse par rapport à la première version du texte (375 tonnes).

Peter Kent a reconnu avoir choisi un seuil «dans la partie supérieure de la tranche initiale», qui oscillait entre 360 à 425 tonnes de CO2. Il a justifié cette décision pour éviter «le risque que représenterait une alimentation inadéquate en électricité».

«Le seuil de 375 tonnes aurait été applicable si les usines fournissaient de l’électricité de manière constante, a-t-il ajouté. Mais dans les faits, elles génèrent plus ou moins d’électricité en fonction de la demande.» Selon lui, cela les empêche de produire la quantité nécessaire d’énergie et de respecter en même temps les normes environnementales.

La version définitive du règlement, qui entrera en vigueur le 1er juillet 2015, allonge également la période d’adaptation allouée aux anciennes usines pour se conformer aux nouvelles normes. Elles disposent désormais de 50 ans au lieu de 45.

Les groupes environnementaux ont aussitôt critiqué ce texte en pointant du doigt «l’odieuse irresponsabilité» du gouvernement Harper face à la crise climatique. Ils estiment que l’industrie du charbon a désormais un passe-droit pour polluer gratuitement pendant les 50 prochaines années.

Keith Stewart, chef de campagne Climat et énergie à Greenpeace Canada, craint aussi que cet affaiblissement ne soit la porte ouverte à une réduction similaire dans le secteur pétrolier, alors que le charbon est la source de gaz à effet de serre la plus facile à éliminer en raison de l’existence de nombreuses solutions alternatives plus propres et plus avantageuses d’un point de vue économique.

Pour l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), l’histoire se souviendra du gouvernement Harper comme de «celui qui a bradé le futur et l’environnement des Canadiens pour développer les énergies sales du siècle dernier».

La combustion du charbon est aujourd’hui responsable de 11,5% des émissions de GES au Canada. Et la production d’électricité au charbon génère 77% des GES émis par le secteur de l’électricité.

 



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