Le Canada, bonnet d’âne des aires marines protégées

Le 03 juin 2014 par Romain Loury
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Le détroit de Lancaster, prochaine AMP canadienne?
Le détroit de Lancaster, prochaine AMP canadienne?
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Parmi les 10 pays comptant les plus grands territoires marins, le Canada arrive bon dernier en matière d’aires marines protégées, révèle un rapport publié le 1er juin par la Société pour la nature et les parcs du Canada (Snap).

C’est peu de le dire: avec seulement 1,3% de sa surface marine classée en aires marines protégées (AMP) le Canada est bien loin d’atteindre, d’ici 2020, l’objectif de 10% fixé en 2010 par le protocole de Nagoya dans le cadre de la convention de l’ONU sur la diversité biologique. Parmi les 10 pays comptant le plus d’espace océanique, il arrive même bon dernier.

C’est l’Australie qui arrive première, avec 33,2% de son espace marin en AMP, devant les Etats-Unis (30,4%), le Royaume-Uni (16,6%), la France (16%) et la Nouvelle-Zélande (12,4%). Le Canada arrive même derrière plusieurs pays peu réputés pour leurs efforts en matière d’environnement, dont la Russie (11,6%) et la Chine (1,6%), qui obtiennent les 6e et 9e position du classement [1].

Depuis fin avril, la France possède en revanche la plus grande réserve marine au monde, le parc naturel de la mer de Corail en Nouvelle-Calédonie, d’une superficie de 1,4 million de kilomètres carrés: il constitue à lui seul 12% des 16% d’AMP de la France, qui s’est fixé un objectif de 20% d’ici 2020 (voir le JDLE). Derrière elle vient la Géorgie du Sud -et les Iles Sandwich du Sud (1,07 Mkm2), territoire britannique situé dans le sud de l’Atlantique, et revendiqué par l’Argentine, comme les proches îles Malouines.

Des projets de faible envergure

Or, bien qu’il soit bordé par l’Atlantique, le Pacifique et l’océan Arctique, le Canada se montre bien moins ambitieux: son projet de créer une AMP dans le détroit de Lancaster (territoire du Nunavut) ne concernerait que 48.000 km2. Il s’agit pourtant du projet le plus important prévu à ce jour par le Canada, qui ne protège actuellement que 61.000 km2.

Si tous les projets de protection en cours étaient menés à bien avant 2020, le Canada n’atteindrait encore que 4% d’AMP, encore loin des 10% prévus par la Convention sur la diversité biologique. «N’oublions pas que [cette] cible ne représente qu’une étape vers l’objectif à long terme visant à protéger 50% de notre patrimoine océanique, une protection qui donnerait à l’ensemble de la diversité marine de meilleures chances de rétablissement et de survie», estime Sabine Jessen, directrice du programme Océans de la Snap.

Manifestement plus avancé que le reste du pays, le Québec, dans le cadre d’une «Entente Canada-Québec sur le Saint-Laurent» de 2011, prévoit de créer trois AMP. Il s’est d’ailleurs doté d’un objectif de 10% pour 2015, ce qui fait de lui le seul territoire canadien à en fixer un.

Les Etats-Unis possèdent le plus grand territoire maritime (11,3 Mkm2), devant la France (11 Mkm2) et l’Australie (8,5 Mkm2). Le Canada ne dispose que de 5,6 Mkm2, mais arrive en première position pour sa quantité de côtes (20,2 Mkm), loin devant l’Indonésie (5,47 Mkm).



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