Le café victime de la «roya»… et d’«El Niño»

Le 15 septembre 2014 par Romain Loury
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Un champignon qui empêche la photosynthèse
Un champignon qui empêche la photosynthèse
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En Amérique latine, la culture de café se trouve très compromise par la rouille orangée. Causée par le champignon Hemileia vastatrix, la maladie semble même gagner en altitude, révèle l’agence de presse Bloomberg.

Découverte en 1861 au Kenya, la maladie de la rouille s’est vraiment fait connaître en 1869 sur l’île de Ceylan (aujourd’hui le Sri Lanka), dont elle a décimé toute la caféiculture. Ce n’est qu’en 1976 qu’Hemileia vastatrix est apparue au Brésil, avant de s’étendre à l’ensemble de l’Amérique du Sud. Survenue en 2008 en Colombie, sa plus récente épidémie, qui s’est depuis étendue à l’Amérique centrale, au Mexique et au Pérou, est la plus sévère qu’ait connue le continent.

Par rapport à 2013, la «roya» a ainsi entraîné une chute de 23% de la production mexicaine cette année, et de 60% au Salvador, selon des données issues du gouvernement et de l’International Coffee Association. Selon la fondation de recherche Promecafe basée au Guatemala, 437.000 travailleurs d’Amérique latine auraient perdu leur emploi en raison de cette crise.

Phénomène nouveau, la rouille semble désormais survivre à des altitudes plus élevées. Longtemps absente au-dessus de 3.000 pieds (914 mètres), on la trouve désormais jusqu’à 6.000 pieds (1.828 mètres) selon Nils Leporowski, qui préside l’Association nationale du café (Anacafe) du Guatemala.

El Niño favorise la rouille

Selon le Cirad [2], la soudaine extension de la «roya» de la Colombie à d’autres pays en 2012 pourrait être liée au phénomène El Niño. «La faible pluviométrie n’a pas permis le lessivage des spores et a été suffisante pour assurer leur germination», tandis que la chaleur «a raccourci la période de latence de la maladie et fortement augmenté l’intensité de l’épidémie», avance le Cirad .

«Elle a aussi favorisé les attaques dans les zones d’altitude, réputées peu favorables à la maladie en raison des températures habituellement fraîches. Dans ces zones, les producteurs n’appliquent généralement pas de traitement préventif pour contrôler la rouille. La mise en place des traitements en 2012 y a donc été tardive, souvent quand les dégâts étaient irréversibles», ajoute l’organisme de recherche. Le vent aurait fait le reste, «en dispersant la rouille sur de grandes distances».

Dans son dernier bilan sur la production mondiale de café, publié fin juin, le département américain à l’agriculture se montre plutôt optimiste pour la prochaine saison, celle de 2014/2015. Du moins pour l’ensemble des pays d’Amérique latine, pour lesquels elle prévoit une hausse de production, à l’exception du Brésil.

En raison d’une forte sécheresse, le premier producteur mondial pourrait voir sa production chuter de 8%. Entraînant ainsi la production mondiale à la baisse (-1%), pour la deuxième fois consécutive. Pendant ce temps, la consommation mondiale de café ne cesse d’augmenter.

[2]Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement



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