Le cadmium encore plus toxique pour le cerveau

Le 01 février 2012 par Romain Loury
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Le cadmium pourrait altérer le développement neuropsychologique des enfants à des niveaux jusqu’alors considérés comme sans danger pour la santé, selon une étude américaine publiée dans la revue Environmental Health Perspectives.

Ce contaminant chimique, qui imprègne les sols agricoles par les boues d’épuration avant de se retrouver dans nos aliments, est en premier lieu réputé pour les dommages qu’il cause au niveau du rein et pour ses effets cancéreux. Mais les dégâts pourraient aussi toucher le cerveau, comme le suggèrent des travaux menés sur la grande étude américaine NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey).

Timothy Ciesielski, de la Harvard School of Public Health de Boston (Massachusetts), et ses collègues ont examiné les capacités d’apprentissage de près de 2.200 enfants âgés de 6 à 15 ans en fonction de leur taux urinaire de cadmium, qui mesure l’exposition à long terme de l’organisme.

A première vue, rien d’alarmant dans ces données: le taux médian était de 0,11 microgramme par litre d’urine (µg/l), en dessous des seuils jugés toxiques pour le rein. Seuls 4 enfants se situaient au-dessus de la valeur-limite fixée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), de 1 µg/g de créatinine [1].

Or, même après exclusion de ces 4 enfants surexposés, le cadmium paraît fortement lié à des problèmes neuropsychologiques, avec 3,25 fois plus de problèmes d’apprentissage et 3,03 fois plus de scolarité en établissement spécialisé chez les enfants dont le taux était plus élevé.

«Nous observons ces associations à des niveaux d’exposition jusqu’alors considérés comme sans effet indésirable, et ces niveaux sont courants chez les enfants américains», remarquent les chercheurs.

Selon eux, l’exposition au cadmium serait plus élevée chez les enfants issus des communautés noire et hispanique, moins favorisées. A taux urinaire égal, le risque de troubles neuropsychologiques est plus élevé chez les garçons que chez les filles.

Dans un récent rapport sur le cadmium (voir le JDLE), l’Efsa a montré une surexposition fréquente dans la population européenne, particulièrement chez les jeunes enfants. En moyenne, leur consommation hebdomadaire serait de 4,85 µg/kg de poids corporel, presque le double de la valeur toxicologique de référence (2,5 µg/g).

[1] Evaluer le cadmium (ou tout autre élément chimique) en fonction du taux de créatinine, une protéine retrouvée dans l’urine, permet d’en standardiser la mesure d’un individu à l’autre. Ce que n’ont pas fait les auteurs de l’étude, qui ont utilisé l’unité µg/litre d’urine.
 



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