Le business model de l’accord de Paris

Le 01 février 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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De 343 à 582 milliards $/an devront être investis dans l'éolien et le solaire d'ici à 2040.
De 343 à 582 milliards $/an devront être investis dans l'éolien et le solaire d'ici à 2040.
Abengoa

Combien ça va nous coûter de stabiliser le réchauffement à 2°C?

Coïncidence. Au moment où le président de la République accueille à Paris son homologue cubain, en remerciement du soutien témoigné par Cuba lors de la COP 21, Bloomberg New Energy Finance (BNEF) s’intéresse à la mise en œuvre effective de l’accord de Paris.

13.000 milliards de dollars

La branche consulting du groupe Bloomberg esquisse une sorte de modèle d’affaires mondial pour stabiliser le réchauffement à 2°C d’ici la fin du siècle. A commencer par la capacité de nouvelles énergies renouvelables (comprenez, toutes les renouvelables à l’exception de la grande hydroélectricité). Selon BNEF: pour décarboner le secteur électrique il faudra mettre en service 12.100 gigawatts d’ici à 2040[1]; des éoliennes et des panneaux photovoltaïques qui seront majoritairement installés dans les pays en développement. Montant du devis: plus de 13.000 milliards de dollars (11.930 Md€) pour la période. Soit une moyenne annuelle de 484 Md$ (444 Md€) par an. Réaliste? Tout dépend du point de vue.

343 à 582 milliards de dollars par an

Sans conteste, il faudra sensiblement accélérer le rythme de mise en service. L’agence internationale de l’énergie renouvelable (Irena) estime que 130 GW d’énergies vertes ont été mises en service en 2014, une année record. Mais pour atteindre l’objectif supposé proposé ? par la COP 21, le rythme devra passer de 200 à 500 GW/an, selon la période. Soit 343 à 582 Md$ (314,7 à 534 Md€) d’investissements annuels. A comparer aux 250 Md$ investis chaque année en moyenne dans le monde. Inaccessible?

L’argent est là

Certainement pas, répondent les analystes de BNEF. L’an dernier, rappellent-ils, les seuls consommateurs américains ont emprunté 542 milliards de dollars (497 Md€) pour s’acheter la voiture de leur rêve et souscrit pour plus de 1.400 Md$ d’emprunts hypothécaires. L’argent est donc bien là.

Et le sera d’autant plus qu’à mesure que la rentabilité des technologies renouvelables s’affirmera, de nouvelles sources de financement s’ouvriront aux investisseurs. Largement majoritaire, l’emprunt bancaire pourrait, dans les prochaines années, laisser la place à d’autres dispositifs: obligations vertes, sociétés de placement immobilier, sociétés de rendement («yieldco»).

 



[1] Soit l’équivalent de 6 fois la capacité renouvelable mondiale, en service en 2014.

 



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