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Le bruit urbain lié à l’hypertension et au stress

Le 28 septembre 2007 par Diana Semaska
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V1308Bruit
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Les résultats de l’enquête commandée par la région Ile-de-France et réalisée par des médecins généralistes en 2005 se sont fait attendre, mais démontrent qu’un lien fort existe entre bruit urbain et santé.

L'intervention de médecins dans une enquête en France sur les effets du bruit sur la santé est une première. Menée auprès de 4.391 patients de 30 communes franciliennes, l'enquête a montré qu'hypertension artérielle, troubles du sommeil, hospitalisations et arrêts de travail ainsi que les états anxieux et la prise de médicaments étaient en lien statistique fort avec le bruit en ville. Les sources de bruit prises en compte étaient le lieu d'habitation, le lieu du travail, le type de transport et la durée passée chaque jour à l'intérieur, les loisirs…

«Plus d'un tiers des personnes interrogées se plaignent de la pollution sonore. Le bruit est probablement un des facteurs de certaines maladies comme l'hypertension, au même titre que le tabac pour les maladies cardiovasculaires. Les médecins doivent en tenir compte», affirme le docteur Jean-Marie Cohen, médecin épidémiologiste responsable de cette étude.

Chez les femmes de 15 à 39 ans, l'anxiété est trois fois plus fréquente lorsque le lieu d'habitation est à proximité d'une voie de chemin de fer. Pour les hommes de 40 à 69 ans, on observe une fréquence presque 6 fois plus élevée de prises de médicaments destinés à faire baisser la tension artérielle lorsque leur domicile est survolé par des avions à moins de 1.000 mètres.

La France, qui doit déjà rattraper son retard concernant la mise en place de cartes de bruit demandée par une directive européenne (1), a du pain sur la planche.

«Le bruit est un enjeu massif du Grenelle de l'environnement», lance Michel Vampouille, vice-président chargé de l'environnement de la Région Ile-de-France. «Il est temps qu'il soit pris en compte dans les documents d'urbanisme, au même titre que les économies d'énergie.».

Suggérant que la pression de «certains lobbies» doit jouer un rôle non négligeable sur l'insuffisante prise en compte du bruit dans les politiques publiques, Michel Vampouille ajoute que réduire la vitesse autorisée sur les autoroutes de 110 à 90 kilomètres/heure (km/h) «pourrait déjà  protéger des millions de personnes» vivant près de ces voies.

Jean-Marie Cohen insiste sur le fait qu'«aucun lien de cause à effet n'a pour l'instant été mis en évidence», et que de nouvelles études sont nécessaires. Il reconnaît qu'une des limites cruciales de l'étude consiste à ne pas avoir pris en compte le passé des patients (lieux d'habitation avant 2005, activités exercées…). «C'est très insuffisant, mais les premiers résultats permettent au moins une prise de conscience.» D'autant que le stress dû au bruit a certainement «un coût non négligeable pour la sécurité sociale, dans le mesure où ce stress est à l'origine de problèmes d'hypertension ou de diabète, qui sont de grands pourvoyeurs d'accidents coûteux», ajoute Jean-Marie Cohen.



(1) Directive 2002/49/CE du Parlement européen et du Conseil, du 25 juin 2002, relative à l'évaluation et à la gestion du bruit dans l'environnement

(2) Voir l'article du JDLE «Cartes de bruit: les obstacles français»




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