Le bruit, une note à 57 milliards d'euros

Le 14 juin 2016 par Stéphanie Senet
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Le trafic routier, source majeure de nuisances sonores
Le trafic routier, source majeure de nuisances sonores

Le coût sanitaire, économique et social du bruit dans l’Hexagone s’élève à 57 milliards d’euros par an, selon l’analyse présentée ce 14 juin à Paris par le cabinet EY.

Troubles du sommeil, de l’apprentissage, stress, problèmes cardio-vasculaires… Si les effets du bruit sur la santé s’accumulent dans la littérature mondiale[1], c’est la première fois qu’une étude s’intéresse à la facture globale -sanitaire, sociale et économique- en France.

«C’est un bon moyen de faire réagir les pouvoirs publics. J’entends souvent dire que les moyens de protection contre le bruit, comme l’isolation acoustique ou les murs anti-bruit, sont trop coûteux. On sait désormais que ça coûte cher de ne rien faire», lance le député Christophe Bouillon, président du Conseil national du bruit (CNB), commanditaire de l’étude aux côtés de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Pour établir un montant global de 57 Md€/an, les rédacteurs ont additionné les coûts provoqués par les trois sources majeures de nuisances sonores que sont les transports, le milieu professionnel ou scolaire et le voisinage. Avec plus ou moins de précision.

 

9 millions de personnes gênées par le bruit des transports

 

Côté transports, 9 millions de personnes sont exposées à un niveau fortement gênant (supérieur à 65 décibels pour le transport routier et ferroviaire et supérieur à 55 dB pour le transport aérien)[2]. Ce qui représente une facture sanitaire de 11,5 Md€, dont 90% provenant du transport routier. «Cela se traduit en majorité par des problèmes de sommeil, et de façon plus sporadique par des gênes et des maladies cardio-vasculaires», détaille Cyrus Farhangi, d’EY.

Il faut encore y ajouter les 9Md€ liés aux pertes de valeur mobilière, aux baisses de productivité et aux retards d’apprentissage. Au total, les transports génèrent donc 20,6 Md€ de nuisances, soit environ un tiers de la facture globale du bruit dans l’Hexagone.

 

Décrochages en série

 

L’étude évalue ensuite à 19,2 Md€ le coût des nuisances générées au travail. Une estimation au doigt mouillé puisque, si l’on connaît le coût de la surdité (85 M€) et celui des accidents du travail reliés au bruit (1,1 Md€), le cabinet EY a tout simplement imaginé les jours de travail perdus à cause du bruit. Il évalue leur coût à 18 Md€ par an en pariant que les deux tiers de Français qui se disent gênés sur leur lieu de travail perdent, au moins, 5 jours d’activité par an.

Côté décrochage scolaire, les chiffres sont plus précis: 20% d’entre eux sont liés au bruit. Soit 6 Md€ par an.

 

Transports et voisinage à égalité

 

Enfin, les troubles du voisinage ne sont pas à prendre à la légère. Selon un sondage Ifop, les Français sont autant gênés par les transports que par leurs voisins. Résultat (à la louche): 11,5 Md€.

Dans tous les cas, cette facture prouve l’inefficacité des plans de prévention hexagonaux. «Ils ne sont pas respectés parce que le bruit est encore considéré comme la vie, ce que bien sûr on ne veut pas limiter! Pour les rendre efficaces, il faudrait davantage associer les citoyens lors de leur élaboration plutôt que de fixer des plafonds théoriques qui ne parlent à personne», conclut René Gamba, président du comité technique du CNB.



[1] Une étude de l’Agence européenne de l’environnement, publiée en décembre 2014, estime que le bruit est responsable de 10.000 morts par an dans l’Union européenne.

[2] Seules les nuisances enregistrées à domicile ont été comptées.

 



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