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Le bruit professionnel assourdit l’enfant in utero

Le 02 juin 2016 par Romain Loury
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Le foetus sensible au bruit
Le foetus sensible au bruit
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Les femmes travaillant dans un environnement bruyant ont plus de risques de mettre au monde un enfant souffrant de troubles de l’audition, révèle une grande étude suédoise publiée dans les Environmental Health Perspectives.

Achevé à 20 semaines de grossesse, le système auditif du fœtus est très réactif au son. Celui-ci lui parvient de manière atténuée, d’abord par la paroi abdominale puis par le liquide amniotique, au moins pour les sons aigus, ceux de fréquence élevée. Pour les sons graves, l’atténuation est moindre, et des études ont même suggéré que certains sons de très basse fréquence pourraient même être amplifiés.

Quel risque pour l’enfant d’une exposition chronique au bruit in utero? Chez l’animal, plusieurs études ont démontré un net effet sur les capacités auditives. Idem chez l’homme, qui n’a à ce jour fait l’objet que de petites études, réduites à quelques dizaines d’enfants. Conduite sur une cohorte suédoise de plus 1,4 million de naissances survenues entre 1986 et 2008, l’étude menée par Jenny Selander, de l’Institut Karolinska de Stockholm, et ses collègues confirme l’existence de ce risque.

Parmi ces enfants, 12.668 ont été diagnostiqués atteints de troubles auditifs, soit 0,89% de la cohorte. Selon les chercheurs, cette faible proportion s’explique par le fait qu’ils n’ont analysé que les diagnostics médicaux: ils ne disposaient d’aucune donnée sur les troubles auditifs légers, non diagnostiqués et probablement bien plus nombreux.

Un risque accru de 82%

L’équipe a ensuite analysé ce risque en fonction de l’exposition de la mère au bruit, selon la profession qu’elle exerce. C’est ainsi que dans le groupe des «plus de 85 décibels», on retrouve 15% de musiciennes, 15% de travailleuses du bois (charpenterie, menuiserie) et 12% de femmes travaillant dans la boucherie.

Or ces femmes ont 27% plus de risques de voir leur enfant atteint de troubles auditifs que celles exposés à un bruit n’excédant pas 75 décibels. Ce surrisque atteint même +82% chez celles qui ont travaillé à temps plein durant leur grossesse, suggérant que le temps d’exposition est aussi, voire plus, important que le volume sonore.

«Ces résultats doivent être confirmés. Parmi les points à étudier plus avant, l’effet de niveaux intermédiaires de bruit professionnel, celui des pics de bruit, mais aussi l’exposition lors d’activités de loisir, par exemple les concerts de rock. Bien que ces expositions soient de plus courte durée, l’intensité du bruit pourrait y être très élevée», concluent les chercheurs.



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