Le bruit des moteurs fatigue les dauphins

Le 27 avril 2015 par Romain Loury
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Les jeunes dauphins plus vulnérables
Les jeunes dauphins plus vulnérables
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Accusé de perturber les cétacés, le bruit du trafic maritime pourrait aussi exiger plus d’énergie de ces mammifères marins, en les forçant à émettre des cris plus élevés afin de se repérer, révèle une étude américaine publiée dans le Journal of Experimental Biology.

Afin de se repérer entre eux, mais aussi de détecter les obstacles et les bancs de poissons, dauphins, orques et baleines recourent au sonar, se guidant grâce au bruit qu’ils émettent et qui leur est renvoyé en écho. Crainte de nombreux experts des cétacés, le bruit émis par les bateaux perturberait ce système d’écholocalisation, brouillant la qualité du signal.

Or selon une étude menée par des chercheurs de l’University of California Santa Cruz et du Northwest Fisheries Science Center à Seattle (Etat de Washington), un tel environnement bruyant pourrait aussi être plus coûteux en énergie, en obligeant les cétacés à hausser la voix. «S’ils sont souvent exposés à un bruit important, l’effort engendré par le fait d’émettre des cris plus forts, plus longs et plus fréquents pourrait avoir un impact significatif sur ces animaux», explique Marla Holt, co-auteure de l’étude.

Une menace pour les individus vulnérables

Les chercheurs ont étudié des dauphins en captivité, mesurant leur consommation d’oxygène grâce à des hottes installées à la surface du bassin. Pour la première fois, leur étude démontre que le taux métabolique de ces animaux dépend du cri poussé, avec une hausse allant jusqu’à 80% par rapport à leur activité au repos.

«L’impact énergétique pourrait être particulièrement prononcé pour les individus jeunes ou en cours de croissance, ainsi que pour les femelles allaitantes, qui doivent déjà lutter pour maintenir leur énergie», explique l’administration américaine en charge de l’atmosphère et des océans (Noaa), dont dépend le Northwest Fisheries Science Center.

«Sur de longues périodes, le fait de devoir compenser cette perte énergétique au jour le jour pourrait avoir un effet» sur les capacités de survie des individus les plus vulnérables, renchérit Dawn Noren, autre co-auteure de l’étude. «Combien de poissons doivent-ils manger pour compenser ce phénomène? La question se pose pour les cétacés, dont on sait que les ressources alimentaires sont parfois limitées», ajoute-t-elle.



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