Le bruit, ce tueur silencieux

Le 22 décembre 2014 par Romain Loury
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Le trafic routier, 90% des nuisances
Le trafic routier, 90% des nuisances
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Chaque année, le bruit serait responsable d’au moins 10.000 morts dans l’Union européenne, a estimé l’Agence européenne de l’environnement (EEA) vendredi 19 décembre dans son premier rapport publié sur le sujet.

Facteur de stress, de troubles du sommeil et d’hypertension, le bruit provoque indirectement des maladies cardiovasculaires. Première source d’exposition en Europe, le trafic routier (90%), suivi par le trafic ferroviaire, de plus loin par les aéroports, les usines et les ports.

Selon les estimations de l’EEA, parcellaires en raison du peu de données collectées par les Etats membres de l’UE, 125 millions d’habitants de l’UE, soit 24% de sa population, sont soumis à un niveau sonore de 55 dB, dont 65% dans les grandes agglomérations [1]. Parmi eux, 20 millions disent endurer une gêne, et 8 millions connaissent des troubles du sommeil.

En ne tenant compte que des agglomérations de plus de 100.000 habitants, c’est au Luxembourg, en Bulgarie, en Suisse, en Belgique et en Autriche qu’on est le plus exposé au bruit. Parmi les bons élèves, Malte, l’Allemagne et l’Islande.

Avec environ 50% d’habitants de grandes villes subissant plus de 55 dB en moyenne, la France est dans le peloton du milieu. Du moins en apparence: ses données ne reposent que sur les villes de 100.000 à 250.000 habitants, ce qui exclut les 8 plus grandes.

Un impact sous-estimé

Etre exposé à plus de 55 dB n’est pas uniquement gênant, c’est aussi mauvais pour la santé. Car selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publié en 2009, c’est entre 50 et 55 dB que le risque d’hypertension, d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral (AVC) commence à s’élever.

Sur l’ensemble de l’UE, le bruit serait ainsi responsable chaque année de 900.000 cas d’hypertension, de 43.000 hospitalisations et de 10.000 décès prématurés. Et chez les enfants, il serait lié à des troubles de la concentration: l’EEA estime ainsi que 8.000 petits Européens connaissent chaque année des problèmes de lecture en raison d’un niveau sonore trop élevé.

«En raison de la déclaration incomplète des données, ces chiffres sont certainement sous-estimés de manière significative, peut-être par un facteur supérieur à 2: l’impact sur la société est probablement bien plus important», avance l’EEA. L’agence n’a pas pris en compte le cancer du sein et le diabète, dont plusieurs études suggèrent un lien avec l’exposition au bruit.

Dans son 7ème programme d’action pour l’environnement (EAP), publié en 2013, l’UE se fixe comme but de réduire la pollution sonore d’ici 2020, afin de se rapprocher des recommandations de l’OMS. A savoir ne pas dépasser un niveau nocturne de 40 dB en extérieur, avec un objectif intermédiaire à 55 dB. Le pari semble loin d’être gagné.

 [1] Moyenne réalisée sur la journée, en soirée et la nuit.



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