Le Brésil relance (doucement) son programme nucléaire

Le 08 novembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Angra 3 est déjà construite à 70%.
Angra 3 est déjà construite à 70%.
Electronuclear

Il aura fallu 5 ans à Brasilia pour effectivement relancer son programme électro-nucléaire. Après avoir conclu un accord de coopération avec Areva en 2008, le gouvernement brésilien a finalement passé commande au début de la semaine, indique un communiqué du groupe français, mis en ligne ce 8 novembre.

Moyennant 1,25 milliard d’euros, Areva achèvera la troisième tranche de l’unique centrale brésilienne: Angra. Située entre Rio de Janeiro et Sao Paolo, Angra est déjà une vieille installation. Construit par Westinghouse, son premier réacteur (à eau pressurisée de 626 mégawatts électriques) a été mis en service en 1982. Réalisé par Siemens, le second (de 1.270 MWe) devait être la tête de série d’un parc de 8 réacteurs Konvoi (l’ancêtre de l’EPR). Un seul exemplaire sera finalement construit. Faute d’argent, le Brésil a dû interrompre les travaux, en 1986, alors que la tranche était achevée à 70%.

Depuis, le réacteur allemand attend patiemment la suite des opérations. Areva devrait donc réaliser le système de contrôle-commande, livrer des gros composants, et assurer la supervision des travaux d’installation et des essais de mise en service. Laquelle pourrait intervenir en 2016.

Casser le monopole hydraulique

Beau succès pour l’entreprise présidée par Luc Oursel qui chasse du Brésil ses anciens alliés de Siemens. Ce n’était, il est vrai, pas difficile: ces derniers ayant abandonné, en 2011, toute activité nucléaire. Pour autant, le Brésil entend développer ce mode de production d’électricité. Actuellement, l’atome produit 3% du courant brésilien; les barrages en fournissant 84%. Un quasi-monopole qui inquiète les autorités brésiliennes.

Les projections climatiques annoncent clairement une diminution des précipitations au-dessus de l’Amazonie. Moins de pluie, c’est donc moins d’eau à turbiner pour les centrales hydroélectriques. La sécheresse des années 2001-2002 avait obligé le gouvernement Lula à imposer une diminution de 20% de la consommation pendant 8 mois. Avec succès.

Pour sécuriser son approvisionnement électrique, le géant sud-américain veut diversifier son mix énergétique. Il envisage notamment de faire construire deux centrales, de 4 réacteurs chacune, au nord-est (à Pernambuco) et dans le sud-est du pays (à Minas Gerais).

Eletronuclear, l’exploitant des centrales, se dit intéressé par l’AP 1000 de Westinghouse, l’Atmea (Areva-Westinghouse) et la dernière génération de VVER 1000 d’Atomstroyexport. Quoi qu’il en soit, le contrat n’est pas prêt d’être signé. L’an passé, Brasilia a clairement indiqué que le démarrage des travaux n’interviendrait pas avant 2020.

 



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