Le Brésil fait connaissance avec la vache folle

Le 19 décembre 2012 par Romain Loury
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2 ans pour détecter un cas d'encéphalite.
2 ans pour détecter un cas d'encéphalite.

Le Brésil craint une chute de ses exportations de viande de bœuf, après la tardive révélation, début décembre, d’un cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) survenu fin 2010.

Il aura fallu près de deux ans pour que ce cas, survenu dans la province de Paraná (sud du Brésil), soit confirmé par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE). Ce délai, qui en dit long sur la réactivité des services vétérinaires du pays, est d’autant plus inquiétant que le Brésil compte parmi les principaux pays exportateurs de viande de bœuf au monde. L’animal en question est une vache de 13 ans destinée à l’élevage de veaux, ayant soudain développé une raideur des membres, selon une synthèse de l’OIE.

Alertés par l’éleveur, les services vétérinaires n’ont rien détecté lors du premier test nécessaire pour poser un diagnostic d’ESB, le test histopathologique, effectué en avril 2011. Ce n’est qu’avec le second test, le test immunohistochimique, que la présence de la maladie a été démontrée.

Or ce dernier examen, qui vient d’être confirmé par l’OIE, n’a été effectué que plus d’un an après le premier, soit en juin dernier! Explication de l’organisme onusien: «Le délai entre les deux épreuves a été dû à un incident apparu dans l’un des laboratoires du réseau [brésilien] agréé pour le diagnostic de l’ESB».

Autre raison de ce retard, l’animal était classé en «priorité faible», du fait qu’il était décédé lors de l’arrivée des services vétérinaires et qu’il était âgé de plus de 9 ans. Pour l’OIE, ce premier cas d’ESB survenu au Brésil ne suffit pas à modifier son statut vis-à-vis de la maladie, celui de «pays à risque négligeable». D’autant que «la mort de l’animal n’a pas été due à l’ESB» et qu’il pourrait «s’agir d’un cas non typique de la maladie tendant à apparaître chez les animaux les plus vieux», ajoute-t-elle.

Autant d’éléments répétés par le ministère brésilien de l’agriculture, mais qui ne parviennent pas à dissiper la méfiance suscitée par cette annonce aussi tardive. A ce jour, 5 pays ont décidé de suspendre leurs importations de viande de bœuf brésilienne: d’abord le Japon, puis la Russie (premier acheteur de viande de bœuf brésilienne) et la Chine, suivis par l’Egypte et l’Arabie saoudite.

Rien de tel pour l’instant en Europe ou aux Etats-Unis, où certains ne semblent pas trop opposés à l’arrêt des importations. Notamment l’association américaine des éleveurs de bétail, R-CALF: selon elle, «le délai de deux ans avant la notification de ce cas est symptomatique de l’échec du système mis en place par l’OIE, qui consiste à penser que les pays étrangers, en particulier ceux en développement, disposent des mêmes moyens (…) que les Etats-Unis pour contrôler et éradiquer les maladies».

Dans un courrier adressé au secrétaire d’Etat à l’agriculture, Tom Vilsack, R-CALF demande la suspension des importations et le lancement d’une enquête sur place pour mieux évaluer le risque. Selon l’OIE, 30 pays, dont la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, sont à «risque maîtrisé» à l’égard de l’ESB, 19 sont à «risque négligeable», tandis que tous les autres sont à «risque indéterminé».



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