Le Brésil brade sa forêt amazonienne

Le 25 août 2017 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La réserve Renca compte 4,7 millions de kilomètres carrés de forêt primaire
La réserve Renca compte 4,7 millions de kilomètres carrés de forêt primaire

Le gouvernement brésilien a décidé, le 23 août, d’ouvrir à l’exploitation minière une réserve amazonienne représentant 4,7 millions de kilomètres carrés de forêt primaire. Alors que la déforestation a atteint un nouveau record en 2016.

L’incendie a été allumé le 23 août par la publication au Journal officiel d’un décret présidentiel annulant le statut de la réserve de Renca[1], située dans les Etats du Para et de l’Amapa, au nord du Brésil. Créée en 1984 sous la dictature militaire, cette réserve protégeait 9 zones en raison de la richesse de leur biodiversité et de la présence des tribus indiennes Aparai, Wayana et Wajapi. Mais elle recèle aussi d’importants gisements d’or, de fer, de cuivre et de manganèse, dont l’exploitation était jusque-là limitée à des entreprises publiques par le statut juridique d’une réserve.

 

Double discours

Si le décret présidentiel stipule que «le changement de statut ne remet pas en cause l’application de la loi sur la protection de la flore et des territoires autochtones», les écologistes craignent qu’il ne favorise toutefois l’industrie agroalimentaire et minière. Celles-ci représentent de fervents soutiens du président Temer, actuellement en proie à graves accusations de corruption. Par ailleurs, un document du ministère des mines et de l’énergie affirmait en avril que la dissolution de la réserve de Renca «permettrait d’exploiter le potentiel minier de la région».

 

«Une tragédie annoncée»

«C’est une tragédie annoncée, qui peut entraîner la déforestation et la pollution des fleuves», fulmine Mauricio Voidovic, directeur exécutif du WWF au Brésil. «C’est la pire attaque contre l’Amazonie des 50 dernières années», juge pour sa part le sénateur Randoife Rodrigues, du parti de gauche Rede, qui compte faire annuler en justice le nouveau décret.

 

La Norvège réduit ses versements

Cette décision s’inscrit dans la droite ligne de la politique libérale mise en place par Michel Temer pour sortir le Brésil d’une récession historique. Quitte à brader le principal poumon planétaire pour quelques réals. Une stratégie pourtant peu pertinente. La Norvège, principal bailleur de la forêt amazonienne, a fait savoir qu’elle réduirait de moitié ses versements en 2017 à cause de l’accélération de la déforestation.

La forêt amazonienne est visée par des attaques de toutes parts. Le gouvernement bolivien d’Evo Morales a ainsi relancé le projet de création d’une route de 300 kilomètres au sein du territoire indigène et parc national Isiboro-Sécure, surnommé Tipnis. Publiée en août, une loi supprime en effet le caractère ‘intangible’ du territoire qui avait été décrété en octobre 2011.

 

 

 

 

 



[1] Reserva Nacional de Cobre et Seus Associados (Renca)

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus