Le BPA pousse le foie à stocker les lipides

Le 20 octobre 2011 par Geneviève De Lacour
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Décidément le bisphénol A (BPA) est bien peu recommandable. Il était déjà accusé de perturber le système endocrinien, mais une équipe de chercheurs toulousains appartenant au laboratoire de toxicologie alimentaire (Toxalim) de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a mis en évidence les effets du BPA sur le métabolisme hépatique. Ils ont montré que même à faible dose, ce produit chimique favorise le stockage des graisses dans le foie.

L’étude des chercheurs de l’Inra, publiée en octobre dans la revue spécialisée Hepatology, est la première du genre à démontrer les effets du BPA sur cet organe.

Ainsi, les scientifiques ont constaté une augmentation de 50% de la quantité de graisses stockée dans le foie des souris ayant reçu pendant 28 jours 50 microgrammes par kilogramme et par jour (µg/kg/jour), dose correspondant à la DJA (dose journalière admissible).

En revanche, les souris mâles ayant reçu quotidiennement 5 mg/kg/jour de BPA, soit 100 fois la DJA, n'ont pas stocké davantage de graisses.

L'équipe toulousaine a aussi examiné comment les gènes impliqués dans la synthèse de lipides réagissent chez des souris recevant quotidiennement différentes doses de BPA (0, 5, 50, 500 et 5.000 µg/kg/jour) via leur alimentation. Une très faible dose (5 µg/kg) s'est avérée avoir un impact presque aussi important sur l'activation de ces gènes qu'une dose cent fois plus élevée. L'effet maximal a été obtenu à la DJA (50 µg/kg).

Mais à 5 mg/kg/jour (5.000 µg/kg), l'effet était nul. Les gènes produisant les lipides destinés à être stockés dans le foie n'ont pas vu leur activité augmenter. Ces résultats ne remettent pas en cause le fait que pour des doses élevées, les effets toxiques sont avérés chez l'animal, notamment sur la reproduction.

En revanche, «elles remettent en cause le dogme de la toxicologie classique selon lequel la dose fait le poison», souligne Laila Lakhal co-auteure de l’étude et membre de l'équipe Toxicologie intégrative et métabolisme de l'unité Toxalim. Les chercheurs qualifient cet effet de «non monotone» de la réponse en fonction de la dose, ce qui veut dire que les effets observés aux faibles doses ne sont plus visibles pour des doses plus élevées.

D’autres études avaient montré que le BPA était capable de stimuler la production d'insuline par le pancréas, ou avait des effets sur les intestins. Avec ce nouveau résultat, l’hypothèse se confirme: le perturbateur endocrinien pourrait donc aussi agir sur le métabolisme de base des êtres vivants.

«En soi, l'accumulation exagérée de graisses dans le foie ne constitue pas une pathologie grave, mais elle peut perturber le fonctionnement de l'organe ou favoriser l'émergence d'un diabète de type 2, la forme la plus répandue de la maladie», conclut Laïla Lakhal.

La prochaine étape pour l’équipe toulousaine sera donc d’étudier les effets d’expositions prolongées au BPA et notamment sur l’accumulation de lipides. Le but étant de conclure sur le fait que le BPA puisse provoquer des perturbations du fonctionnement hépatique ou entrainer un diabète.

 


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