Le BPA, classée substance extrêmement préoccupante

Le 21 décembre 2016 par Marine Jobert
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Le BPA presque banni des tickets de caisse.
Le BPA presque banni des tickets de caisse.
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Le Bisphénol A vient, à quelques jours d’intervalle, d’être classé comme substances extrêmement préoccupantes et d’être quasiment banni des tickets de caisse.

Le 4,4'-isopropylidenediphenol rejoint la liste des substances extrêmement préoccupantes (SVHC) que tient à jour l’agence européenne pour les produits chimiques (Echa). Plus connue sous le nom de Bisphénol A, cette substance a des effets reprotoxiques, ont reconnu les Etats membres. Un classement obtenu par la France, qui avait lancé la procédure en septembre dernier. Deux autres perturbateurs endocriniens[1] ont rejoint cette liste qui rassemble les substances qui peuvent avoir des effets graves et souvent irréversibles sur la santé humaine et l'environnement.

Les Etats membres ont à nouveau rejeté la proposition de définition sur les perturbateurs endocriniens proposée, avec 3 ans de retard, par la Commission. «Des discussions supplémentaires sont nécessaires», a commenté un porte-parole de la Commission. En cause, notamment, un paragraphe ajouté en dernière minute –comme l’a révélé Le Monde- qui aurait exclu des pesticides destinés à bloquer la mue ou la croissance de certains insectes et plantes, en agissant précisément sur leur système hormonal. Soit une quinzaine de substances, représentant 8.700 tonnes de produits commerciaux par an rien que pour la France, a calculé Générations Futures.

Risques pour l’enfant

Quelques jours auparavant, un règlement a banni ce perturbateur endocrinien des papiers thermiques à une concentration égale ou supérieure à 0,02 % en poids. En cause: le risque, pour les enfants à naître des travailleuses enceintes et des consommatrices qui manipulent les reçus de points de vente en papier thermique, d’être exposés. Une démarche également initiée par la France en 2014, dans la lignée d’un avis rendu l’année précédente par l’Anses. Tout en écartant la méthodologie développée par la France à l’appui de sa demande, l’Echa a mené sa propre évaluation, lui permettant de conclure que «le risque pour les consommatrices est valablement maîtrisé, mais (…) confirmé (…) pour les travailleuses» et estimé que «la restriction proposée est, sur le plan de l'efficacité, la plus appropriée à l'échelle de l'Union pour réduire les risques mis en évidence.»

Faible hausse des prix attendue vs santé

Saisi, le comité d'analyse socio-économique de l'Agence (CASE) a effectué une analyse de rentabilité. Conclusion: si «globalement, les coûts estimés de la restriction proposée sont supérieurs aux bénéfices potentiels pour la santé (…) le coût de la restriction constitue une très faible proportion du total des dépenses de personnel ou de l'excédent brut d'exploitation des secteurs concernés dans l'Union, et n'entraînerait qu'une très faible hausse de prix s'il était répercuté sur les consommateurs par une augmentation des prix des biens de consommation.» Les 2 comités ont conclu de concert que «la restriction proposée est réalisable, exécutable, gérable et contrôlable.» Une position adoptée par la Commission européenne, avec obligation pour l’industrie de s’y conformer dans un délai de 36 mois.

Le BPS dans le collimateur

L’exécutif européen confie à l’Echa de contrôler l'utilisation du Bisphénol S dans le papier thermique, car son profil toxicologique est analogue à celui du BPA et pourrait entraîner des effets similaires sur la santé. Avec, une possible restriction. Pour l’heure, ce risque n'a pas encore été évalué.

 


[1] Le 4-heptylphenol, branched and linear (4-HPbl) et le 4-tert-pentylphenol (PTAP).

 



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