ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article sur WikioPartager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedinPartager cette page sous TwitterS'abonner au flux RSS du JDLE

Le BPA, c’est pas pour les fillettes!

Le 24 octobre 2011 par Geneviève De Lacour

Les petites filles exposées in utero au bisphénol A (BPA) montrent davantage de troubles comportementaux à l'âge de 3 ans que celles dont la mère a été moins exposée à ce composé chimique. L’étude, publiée lundi 24 octobre dans la revue Pediatrics, est la première du genre qui réussit à démontrer que la période in utero est un moment critique au cours duquel le bisphénol A peut altérer la croissance. Déjà, les soupçons pesaient sur ce composé chimique, fortement suspecté de perturber, même à de faibles doses, le système hormonal à certains périodes critiques de la vie. Les scientifiques parlent de fenêtres d’expositions: juste avant la naissance et au moment de la puberté.

Ici, les scientifiques de l'école de santé publique de l'université Harvard ont pu observer que les petites filles dont les mères ont été plus exposées au BPA pendant leur grossesse souffrent plus d'anxiété, de dépression et d'hyperactivité. «Cette tendance est plus prononcée pour les filles, ce qui suggère qu'elles sont plus vulnérables que les garçons à l'exposition au bisphénol A in utero.»

L’étude s'appuie sur les données collectées dans la région de Cincinnati (nord des Etats-Unis) auprès de 244 mères et de leurs enfants et ce jusqu'à l'âge de 3 ans. Les échantillons d'urine ont été analysés à 16 semaines de grossesse, à 26 semaines et à la naissance. Les urines des enfants ont été testées à l'âge de 1, 2 et 3 ans. Ainsi, le BPA a été détecté dans 85% des échantillons d'urine des mères et 96% de ceux des enfants. En parallèle, un questionnaire a été rempli par les parents sur le comportement de leurs enfants. Les scientifiques ont constaté que plus les taux de BPA sont forts pendant la grossesse, plus les risques de troubles comportementaux des petites filles sont élevés à l'âge de 3 ans.

Mais pour les garçons, la même corrélation n’a pu être démontrée. L'étude n'a pas non plus mis en évidence un quelconque lien entre la présence de bisphénol A dans les urines des enfants et leur futur comportement. «Aucun des enfants n'avait de comportement cliniquement anormal, mais certains d'entre eux avaient plus de troubles comportementaux que d'autres», indique Joe Braun, principal auteur et chercheur en santé environnementale à Harvard.

L'étude semble donc confirmer des enquêtes antérieures suggérant un lien entre l'exposition au BPA pendant la grossesse et le comportement de l'enfant.

En raison du faible nombre de mères suivies, les chercheurs appellent à poursuivre les recherches. «Il y a un débat important sur la toxicité de l'exposition à de faibles doses de BPA et les résultats présentés ici méritent de nouvelles recherches», soulignent les auteurs.

Après l'interdiction en Europe et au Canada des biberons contenant du bisphénol A, ce perturbateur endocrinien sera interdit en France à compter de 2014 dans tous les contenants alimentaires et dès 2013 s'agissant des produits destinés aux enfants de moins de 3 ans.

 


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus