Le bois énergie tout feu tout flamme

Le 13 octobre 2004 par Loïc Chauveau
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A mi-parcours de sa mise en oeuvre, le plan bois-énergie de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) dépasse toutes les prévisions. Les objectifs définis pour 2006 devraient être atteints à la fin de l'année 2004.

En 2003, 210 chaudières à bois pour le secteur de l'habitat et du tertiaire et 67 chaudières industrielles ont été inaugurées. Ces réalisations brûlent tous les ans 31.000 tonnes-équivalent-pétrole (tep).

C'est bien au-dessus des projections les plus optimistes de l'Ademe qui prévoyait en 2000 de subventionner 150 chaudières à bois collective et 40 chaudières industrielles par an jusqu'en 2006. Fin 2003, 522 chaufferies pour l'habitat et 240 pour l'industrie étaient en fonctionnement. Le plan prévoyait 1.000 réalisations fin 2006. 76% de l'objectif sont d'ores et déjà réalisés.

Le programme a déjà permis d'éviter l'émission de 436.350 tonnes de CO2. Le chauffage au bois remporte un vif succès auprès des maires des petites communes rurales : "on voit des projets très petits de quelques centaines de kilowatts, raconte Jean-Christophe Pouet, ingénieur chargé du dossier à l'Ademe. Les maires veulent ainsi chauffer leur mairie et l'école, voire un ou deux logements sociaux." Ces micro-projets trahissent une tendance de fond. L'utilisation d'une énergie renouvelable n'est pas toujours la motivation principale des communes. La grande tempête de 1999 et ses millions de mètres cubes de chablis ont provoqué une vraie prise de conscience sur l'abandon relatif des produits de la forêt.

Plus récemment, la hausse des cours du pétrole a donné un nouveau coup de fouet à la filière. Le secteur du bois est le seul secteur industriel utilisant fort logiquement cette énergie. La France compte 2.500 scieries dont les 250 plus importantes traitent 80% du bois d'oeuvre produit. C'est un secteur actuellement fragilisé par des importations en provenance de pays comme le Chili, le Brésil ou la Nouvelle Zélande. L'énergie bois permet de réduire les frais d'exploitation et de trouver une destination aux déchets de fabrication. L'équipement du secteur s'accélère.

Désormais près de la moitié de l'énergie nécessaire aux scieries est fourni par des chaudières à bois. Les unités sont beaucoup plus importantes que celles de l'habitat. Les 63 chaufferies industrielles inaugurées en 2003 brûlent 17.340 tep par an contre 13.750 tep pour les 210 chaufferies municipales. Le bois énergie se fait une place dans le paysage énergétique français. Forêt privée française, l'association qui fédère les coopératives et associations de propriétaires forestiers, estime que dix à 15 millions de mètres cubes de bois sont brûlés annuellement par les ménages français. Deux millions seulement sont déclarés à l'administration fiscale.

Pour le secteur forestier, le développement du bois énergie pourrait constituer un appréciable complément de revenu: "Actuellement, quand on fait une coupe, on laisse sur le terrain toutes les branches du houppier pour ne garder que la grume, déplore Thomas Formery, directeur général du Centre national professionnel de la propriété forestière (CNPPF). Ce petit bois permettrait d'améliorer le rendement de nos forêts."

Car le problème de la forêt française, c'est son manque de rentabilité associé à un morcellement extrême de la propriété. Sur 15 millions d'hectares de forêt, 11 millions appartiennent à plusieurs centaines de milliers de personnes. Les propriétés font souvent moins d'un hectare, aussi il est très difficile de mettre sur pied une gestion globale des massifs.

C'est ce que tente de faire depuis 2003 les centres régionaux de la propriété forestière. Mais la tâche est immense. On ne récolte que 60% de l'accroissement annuel du volume de bois.


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