Le blé ne supporte vraiment pas le réchauffement climatique

Le 30 janvier 2012 par Geneviève De Lacour
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Le blé est une culture de régions tempérées qui n’aime pas les fortes chaleurs. D’ailleurs, les effets de ces températures extrêmes sur le vieillissement du blé seraient beaucoup plus néfastes que prévus car largement sous-évalués. C’est une étude américaine publiée dimanche 29 janvier dans la revue Nature Climate Change qui l’affirme. Un résultat qui rend encore plus préoccupant l’impact du réchauffement climatique.

Récolté chaque année sur 220 millions d'hectares, le blé est la ressource agricole la plus cultivée au monde. La céréale étant adaptée aux climats tempérés, les températures élevées peuvent donc l'affecter à différents stades de son développement en réduisant le nombre de grains portés par un épi ou la taille de ces grains.

Au-delà de 30°C, la chaleur endommage les feuilles et les mécanismes de la photosynthèse, ce qui accélère le processus de vieillissement du blé (phénomène de sénescence).

Même avec l'utilisation de variétés de blé adaptées, les fluctuations de température peuvent considérablement affecter les rendements d'une année sur l'autre. Selon une simulation récente effectuée en Australie, à pluviosité constante, les années dont les températures sont en moyenne supérieures de 2°C aboutiraient à une réduction de 50% du rendement de blé par rapport aux années où les températures sont en moyenne inférieures de 2°C.

Soupçonnant que les modèles agricoles les plus courants peinaient à prendre correctement en compte ces paramètres, David Lobell, de l'université américaine de Stanford, et ses collègues ont étudié la situation dans l'une des régions les plus productrices de blé du monde, la plaine du Gange située au nord de l'Inde.

Les scientifiques ont exploité 9 années d'observations satellitaires de la zone. Ils ont ensuite modélisé grâce à Modis (Moderate resolution Imaging spectroradiometer) l’impact de fortes chaleurs (supérieures à 34°C) sur le vieillissement du blé. Ils estiment ainsi qu'une augmentation de température de 2°C réduirait en moyenne de 9 jours la saison durant laquelle le blé peut se développer par photosynthèse.

Ils ont ensuite comparé leurs résultats avec ceux obtenus par deux modèles de simulation agricole couramment utilisés en agronomie (Ceres et Apsim). Ainsi, pour les mêmes paramètres utilisés, ils n’aboutissent qu'à une saison raccourcie de 6 jours pour Ceres, à 3 jours pour Apsim.

Selon l'étude, le rendement médian du blé dans la plaine du Gange se trouverait réduit de 20% dans un scénario de réchauffement de 2°C, contre seulement 10% à 14% dans les modèles agricoles Apsim et Ceres standards.

Ces résultats font apparaître que le réchauffement climatique représente un défi encore plus important pour la culture du blé que les simulations précédentes ne le suggéraient. L'efficacité des réponses à apporter dépendra de la capacité à réduire la sensibilité des cultures aux journées très chaudes, concluent les auteurs.

L'objectif officiel que s'est donné la communauté internationale est de limiter à 2°C la hausse de la température moyenne de la Terre d'ici la fin du XXIe siècle par rapport à l'ère pré-industrielle. Mais faute d'un effort accru pour réduire les gaz à effet de serre, le monde est pour l'instant engagé sur la voie d'une hausse de 3,5°C du thermomètre mondial.

 



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