Le bisphénol A lié aux intolérances alimentaires

Le 19 novembre 2014 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le BPA, néfaste bien en-dessous de la DJA
Le BPA, néfaste bien en-dessous de la DJA
DR

L’exposition in utero au bisphénol A (BPA) favoriserait les intolérances alimentaires à l’âge adulte, selon une étude française publiée dans le FASEB Journal.

Certes, l’étude menée par l’équipe toulousaine d’Eric Houdeau, de l’unité de recherche Toxalim (Institut national de la recherche agronomique, Inra), porte sur le rat, animal dont il est difficile de savoir s’il réagit de la même manière que l’homme au BPA. Mais ces résultats n’en sont pas moins inquiétants, alors que les allergies et intolérances alimentaires ne cessent de grimper.

Autre motif d’inquiétude, les trois doses testées, à savoir 0,5, 5 et 50 microgrammes par kilo (µg/kg) de poids corporel par jour, n’ont rien d’aberrantes. Celle de 5 µg/kg correspond ainsi à la dose journalière acceptable (DJA) proposée en janvier par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) [1]. Et celle de 0,5 µg/kg est de l’ordre de la moyenne européenne, selon les estimations d’exposition de l’Efsa.

Or chacune de ces doses engendrait une intolérance alimentaire chez le rat, lorsque celui-ci est exposé in utero puis par l’allaitement au BPA –administré à la mère. A l’âge de 45 jours, ces animaux s’avèrent intolérants à l’ovalbumine, principale protéine de l’œuf, aussi bien par la voie orale que par injection sous-cutanée. Des réactions totalement absentes de rats-contrôles, non exposés au BPA.

Une moindre exposition en France

Pionnière en la matière, la France a interdit l’usage du BPA dans les contenants alimentaires, d’abord ceux destinés aux enfants (après les biberons), puis à partir de 2015 dans ceux destinés aux adultes. Résultat, les industriels se sont progressivement mis à la substitution, comme le montre un rapport publié le 14 novembre par le ministère de l’écologie.

L’effort semble payer: selon l’Institut de veille sanitaire (InVS), l’imprégnation des femmes enceintes au BPA connaîtrait enfin une baisse. D’après des chiffres issus de la cohorte Elfe, volet périnatal du programme national de biosurveillance, la moyenne chez ces femmes serait de 0,70 µg de BPA par litre d’urine. Ce qui équivaudrait à une baisse d’un facteur 3 par rapport aux études précédentes. Pas sûr que cela suffise…

[1] Jusqu’en janvier, elle était fixée à 50 µg/kg, l’Efsa ayant décidé de la diviser par 10, en raison d’incertitudes quant à sa sécurité. Au vu du nombre d’études sur ce perturbateur endocrinien, ces incertitudes ne laissent pourtant plus trop de place au doute.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus