Le bisphénol A fait aussi grossir les enfants

Le 26 septembre 2012 par Romain Loury
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Une nouvelle étude relie le BPA et l'obésité chez l'enfant
Une nouvelle étude relie le BPA et l'obésité chez l'enfant

Le bisphénol A (BPA), déjà lié à l’obésité chez l’adulte, l’est également chez les enfants et les adolescents, confirme une étude américaine publiée dans le Journal of the American Medical Association (Jama).

Présent entre autres dans les bouteilles en plastique et le revêtement intérieur des canettes, le BPA semble favoriser plusieurs maladies (diabète, certains cancers, maladies cardiovasculaires, obésité), un effet désormais bien documenté chez l’adulte. Il l’est bien moins chez l’enfant, si ce n’est quelques études ayant suggéré des troubles du comportement en cas d’exposition in utero.

Menée sur 2.838 enfants et adolescents âgés de 3 à 19 ans, issus de la cohorte nationale Nhanes, l’étude de Leonardo Trasande, de la New York University School of Medicine, et ses collègues suggère également le rôle obésogène du BPA chez les jeunes. Un effet d’une ampleur similaire à celui observé chez l’adulte.

Selon ces résultats, les enfants ayant le taux urinaire le plus élevé –ceux du quartile supérieur [1]- ont 2,57 fois plus de risques d’être obèses que ceux en ayant le moins -quartile inférieur-, soit des prévalences respectives de 22,3% et 10,3% d’obésité. Les deuxième et troisième quartiles présentent aussi un risque accru d’environ deux fois.

Selon les chercheurs, il demeure toutefois un doute quant au rôle causal du BPA: en raison du protocole de l’étude, ils reconnaissent ne pouvoir «exclure la possibilité que les enfants obèses consomment des aliments à plus forte teneur en BPA, ou qu’ils en disposent de stocks plus importants dans leur tissu adipeux».

Faille de leur étude, le recours au taux urinaire, facile à obtenir, mais difficile à relier à une exposition à long terme, la seule pouvant expliquer un éventuel effet obésogène. «La preuve la plus solide viendra d’études prospectives [celle-ci est rétrospective, ndlr], avec une collecte longitudinale des données», c’est-à-dire à différents temps, expliquent les auteurs.

Le BPA vient de faire l’objet d’une autre étude aux résultats inquiétants, cette fois-ci sur la reproduction. Selon ces résultats américains obtenus chez le macaque, l’agent chimique, à des niveaux analogues à ceux rapportés chez l’homme, perturberait la maturation des ovocytes chez la femme, un processus se déroulant au stade fœtal.

Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a décidé  en juillet d’interdire la présence du BPA dans les biberons. Une annonce avant tout symbolique, la plupart des fabricants l’ayant déjà éliminé de leurs produits sous la pression de l’opinion. En France, le projet d’interdiction de tous les contenants alimentaires devrait bientôt être examiné au Sénat, après un vote favorable de l’Assemblée nationale en octobre 2011.

[1] Le quartile supérieur se définit comme le quart des enfants présentant le plus de BPA, le quartile inférieur comme celui en ayant le moins.

 



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