Le bio, une voie pour la Martinique

Le 01 juin 2005 par Christine Sévillano
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La culture de la banane martiniquaise est en crise, les autorités locales se penchent désormais sur l'opportunité de l'agriculture bio malgré la pollution des sols. Une filière intéressante pour l'île selon l'Institut de recherche pour le développement.

Une étude de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), commandée par le conseil général de la Martinique, montre que l'île a un réel potentiel de développement de l'agriculture biologique. La culture de la banane, en déclin, assure encore plus de la moitié de la production agricole de la Martinique ; elle a pourtant pollué les sols et l'eau notamment avec l'utilisation de produits organochlorés. Le chlordécone, insecticide interdit à la vente en 1993, a particulièrement affecté certains végétaux et organismes aquatiques qui ont la faculté d'accumuler la substance. La composition volcanique des sols peut en outre contribuer à la persistance de ces produits. La contamination pourrait durer plusieurs décennies, voire 50 ans pour la chlordécone, alors qu'aucune technique de dépollution n'existe pour le moment.

Les produits bio doivent par conséquent être cultivés sur des terres indemnes de ces pollutions. Plus des deux tiers de la surface agricole utile (SAU) n'ont pas été souillées, laissant un potentiel important. Lees agriculteurs devraient suivre: 243 producteurs s'affirment proches des normes biologiques sans avoir fait de démarche de certification, qui ne représente que 12 producteurs pour 43 hectares de la SAU selon le recensement de 2000. L'IRD table sur les exploitations moyennes (5 à 20 hectares) et petites (moins de 5 hectares) pour développer du bio avec comme débouché principal le marché local composé pour 10% de touristes. L'agriculture bio devra se concentrer sur des produits à haute valeur ajoutée comme les plantes médicinales, les épices, les fleurs et les produits transformés, et ce en raison des coûts salariaux élevés qui rendront l'activité moins compétitive en Martinique que dans d'autres pays. L'IRD demande également une politique publique d'encouragement avec l'approvisionnement des collectivités locales pour leurs cantines.

L'agriculture biologique sera alors, selon l'organisme de recherche, une composante essentielle pour que l'île puisse préserver son environnement. Des études sont actuellement menées pour voir l'impact sanitaire des produits organochlorés sur l'homme.




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