Le bio progresse, mais les conversions reculent

Le 28 mai 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les surfaces de cultures de vignes bio ont progressé de 24%.
Les surfaces de cultures de vignes bio ont progressé de 24%.
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Les surfaces consacrées à l'agriculture biologique, ainsi que les ventes de produits bio, ont progressé en France en 2013, mais le rythme des conversions d'exploitations à ce type d'agriculture a ralenti, selon un bilan publié ce 28 mai par l'Agence Bio.

Le marché français du bio dépasse désormais les 4,5 milliards d'euros, avec des ventes en augmentation de près de 10% en 2013 par rapport à 2012 (+9% en valeur, +8% en volume).

Les cultures certifiées bio atteignaient plus de 930.000 hectares fin 2013, soit une hausse de 9% par rapport à l'année précédente. Malgré cette progression, les surfaces cultivées en bio représentent moins de 4% de la surface agricole utile (SAU). En revanche, les surfaces en phase de conversion reculent par rapport à l'année précédente, de 20 à 40% environ, selon le type de culture. La conversion correspond à la période de transition entre un mode de production conventionnel et l'obtention de la certification agriculture biologique. Fin 2013, 130.000 ha étaient dans ce cas, soit la même surface qu'en 2009.

Manque de lisibilité des aides

«Il y a eu une envolée des conversions en 2010-2011. On revient en fait à un rythme plus classique, d'où la diminution», confirme Elisabeth Mercier, directrice de l'Agence Bio. Interrogée par l’AFP, Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab) incrimine «le manque de lisibilité des aides sur le long terme qui n'incite pas les producteurs à aller vers l'agriculture bio». Le président de l'Agence Bio, Etienne Gagneron, se dit lui aussi «préoccupé» par cette question, qui risque d'entraver l'objectif fixé l'an dernier par le gouvernement de doubler les surfaces bio en 5 ans. Le plan Ambition Bio 2017 vise les 8% de SAU bio en 2017. Il prévoit en outre que l’Etat consacre à la conversion 160 M€/an, entre 2014 et 2020, contre 90 M€ auparavant.

Les fruits et la vigne

Sur les surfaces désormais certifiées bio, la plus forte progression revient aux cultures de fruits (+28%) et à la vigne (+24%), tandis que les céréales et oléagineux ont augmenté de 13% en moyenne et les légumes de 8%. Les cultures bio se trouvent en majorité dans une grande moitié sud de la France. Les régions Midi-Pyrénées, Pays de la Loire, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur totalisent la moitié des surfaces. En ce qui concerne l'élevage, la situation bouge peu, avec une légère progression des cheptels de vaches bio mais un recul de ceux de poules, poulets et porcs.

2.000 nouvelles exploitations

Plus de 25.000 agriculteurs étaient engagés dans l'agriculture bio fin 2013, un chiffre en hausse de 4% par rapport à 2012. Mais si 2.000 nouvelles exploitations se sont lancées dans l'aventure, un millier de fermes ont arrêté. «C'est avant tout le reflet de la pyramide des âges. La moitié des agriculteurs qui arrêtent le font pour cause de départ à la retraite», précise Elisabeth Mercier.

75% des produits bio consommés en France viennent de l'Hexagone, mais la balance commerciale de la filière est encore déficitaire de 300 M€, à cause des importations de produits exotiques. «On devrait arriver à l'équilibre en 2014/2015, surtout grâce au vin», qui représente 60% des exportations, selon la directrice de l’Agence Bio.



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