Le bio plus riche en antioxydants

Le 16 juillet 2014 par Romain Loury
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Le bio, plus riche en antioxydants
Le bio, plus riche en antioxydants

Avantage nutritionnel au bio: publiée dans le British Journal of Nutrition, une nouvelle méta-analyse comparant les fruits et légumes bio aux conventionnels montre que les premiers sont plus riches en antioxydants, et moins chargés en cadmium… et bien sûr en pesticides.

Regroupant un total de 343 études publiées dans la littérature, la méta-analyse publiée par Marcin Bara?ski, de l’école d’agriculture, d’alimentation et de développement rural à l’université de Newcastle (Royaume-Uni), et ses collègues est la plus grande jamais menée à ce sujet. Et ses résultats sont très en faveur du bio: ses produits présenteraient 17% plus d’antioxydants.

Par rapport aux fruits et légumes conventionnels, ceux issus de l’agriculture bio contiendraient 19% plus d’acides phénoliques, 69% plus de flavanones, 28% plus de stilbènes, 26% plus de flavones, 50% plus de flavonols et 51% plus d’anthocyanines.

Les chercheurs imputent ce phénomène au non-emploi d’engrais azotés, qui réduiraient la production de métabolites secondaires. Autre possibilité, les produits bio produisent plus d’antioxydants du fait que ceux-ci constituent une défense contre les attaques parasitaires, rendue inutile par l’emploi de pesticides.

«Nombre de ces composés ont été liés à un moindre risque de maladies chroniques, dont les maladies cardiovasculaires, les maladies neurodégénératives et certains cancers», rappellent les chercheurs.

Selon eux, s’orienter vers des produits bio permettrait d’accroître de 20% à 40% sa consommation d’antioxydants, soit l’équivalent d’une à deux portions de fruits et légumes en plus par jour, en plus des cinq actuellement recommandées.

Moitié moins de cadmium

Le bio, c’est plus d’antioxydants, et c’est aussi 48% moins de cadmium: lié à l’insuffisance rénale, à certains cancers et à des troubles du développement cérébral, ce métal lourd compte parmi les substances les plus préoccupantes en matière de santé publique. Pour les chercheurs, sa présence accrue dans les produits conventionnels pourrait s’expliquer par une plus grande perméabilité des racines à ce métal lourd, due à certains fertilisants.

«Cette étude montre que l’alimentation biologique, outre qu’elle ne contient pas de résidus de pesticides et qu’elle protège l’environnement, produits des aliments aux qualités nutritionnelles intrinsèques très favorables à la santé», estime François Veillerette, porte-parole de l’association Génération futures, dans un communiqué.

«Il faut que le gouvernement tienne compte de ces éléments et accentue très significativement ses efforts pour le soutien du développement de la filière bio en France et favorise un accès de tous à cette alimentation santé», conclut-il.

Sans surprise, les produits conventionnels présentent plus fréquemment de résidus de pesticides (46% d’entre eux) que ceux issus du bio (11%). Plus étonnant, ces derniers s’avèrent plus concentrés en sucres (+25%), mais moins en protéines (-15%), en fibres (-8%) et en nitrates.

Un impact sanitaire encore flou

Avec ses résultats favorables au bio, cette méta-analyse vient en contredire d’autres, qui n’avaient observé aucun avantage nutritionnel significatif à ce mode d’agriculture par rapport au conventionnel (voir le JDSA). Une différence que les auteurs de la nouvelle étude expliquent par la plus grande taille de leur méta-analyse (343 études, contre 237 lors de celle de 2012), mais aussi par une meilleure approche statistique.

Auteur en 2009 de l’une de ces précédentes études, Alan Dangour, de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, dénonce quant à lui «un mélange de données de bonne qualité avec des données de mauvaise qualité», ce qui «affaiblit considérablement la confiance dans [ces nouveaux] résultats».

De plus, «il n’y a aucune preuve qu’une légère augmentation des antioxydants ou de l’apport en polyphénols dans l’alimentation humaine a des avantages importants sur la santé publique, et il n’y a pas de preuve solide pour affirmer que la consommation de grandes quantités de ces composés réduit le risque de maladies chroniques», ajoute le chercheur londonien.

Bien que manifestement irrité de voir sa propre méta-analyse contredite, le chercheur soulève une question cruciale: quel est le réel impact du bio sur la santé des consommateurs? Au vu de ces nouveaux résultats, on pourrait l’imaginer au mieux très positif, au pire neutre. Mais rien ne permet de trancher à ce sujet tant les études, compliquées et longues à mettre en œuvre, sont rarissimes dans ce domaine.

En mars dernier, la plus large d’entre elles n’avait révélé aucun effet sur le cancer, sauf sur le lymphome non hodgkinien (voir le JDLE). Lancée en février, l’étude française BioNutriNet devrait permettre d’en savoir plus sur la santé des consommateurs bio, dont 50.000 seront suivis et comparés à autant de contrôles pendant 5 ans (voir le JDLE).



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