Le bio part en campagne

Le 25 novembre 2011 par Geneviève De Lacour
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La France réussira-t-elle à développer sa filière bio ?
La France réussira-t-elle à développer sa filière bio ?

«Osons la bio: pour 20% de bio en 2020»: avec un cahier de 20 mesures, la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) a voulu interpeller les candidats à la prochaine élection présidentielle. Souhaitant qu’ils s’emparent du sujet comme thème de campagne, elle a organisé un débat le 24 novembre à la Bibliothèque François Mitterrand, entre les représentants agricoles de 5 candidats à la présidentielle, permettant ainsi à chacun de présenter leur programme… bio.

«Nous demandons aux candidats à l’élection présidentielle de 2012 de s’engager à soutenir avec force le développement de la bio par des mesures financières, fiscales et d’accompagnements techniques.» Alors que le Grenelle de l’environnement fixe clairement un objectif de 6% de la surface agricole utile (SAU) en bio pour 2012 et 20% en 2020, la Fnab déplore que ces objectifs ne soient pas atteints.

Seules 3% des terres agricoles sont actuellement exploitées en bio. Si le développement de l’agriculture est bien réel, il reste éloigné des conversions nécessaires pour atteindre ces 20%, réaffirme la Fnab. Antoine Herth, secrétaire national de l’agriculture à l’UMP, considère que les 6% doivent rester un objectif pour 2012, mais il admet que «si l’agriculture bio est l’une des orientations générale du Grenelle, on peine dans sa mise en œuvre». De son côté Pascal Durand, porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) estime que seule la volonté politique permettra d’appliquer le Grenelle de l’environnement.

Les représentants agricoles des principaux candidats à la présidentielle, invités à s’exprimer sur l’importance du thème dans le programme électoral de leur parti, étaient d’accord sur le constat. «Le bio est important au sein de l’agriculture», affirme Marc Fesneau, responsable de l’agriculture au sein du Modem. Pour le maire de Marnechoir (Loir-et-Cher), «il faut aller plus loin que les 20% et pour cela l’agriculture biologique a besoin d’être soutenue, elle a besoin d’un dispositif national d’accompagnement». Mais le secrétaire général du Mouvement démocrate a également regretté que le secteur bio ne communique pas assez sur ses avancées en matière de R&D et sur le fait que ce soit «une agriculture de haute technologie». Un secteur qui possède les plus fortes potentialités d’installation des jeunes. «Les outils d’installation doivent donc être allégés», a-t-ilrépété.

Si Laurent Levard, chargé des questions agricoles auprès du candidat Jean-Luc Mélenchon, se «retrouve dans l’essentiel des propositions faites par la Fnab», il considère cependant que l’agriculture bio s’en sort parce que c’est une niche. Selon le représentant du Front de gauche, il ne faut pas écarter la question des prix et du revenu des paysans. Il prône ainsi un strict encadrement des marges de la grande distribution, une relocalisation de la production et la révision du Code des marchés publics avec obligation de faire appel à des produits locaux.

Le problème du foncier a été débattu. Beaucoup d’agriculteurs disparaissent et les terres sont rachetées par les grosses fermes existantes. Les exploitations sont donc de plus en plus grandes et les agriculteurs de moins en moins nombreux. Stéphane Le Foll, chargé de l’organisation de la campagne de François Hollande, a abordé le problème de la reconversion, et Marc Fesneau a insisté sur les manquements des Safer (en charge du foncier agricole) en matière de reconversion. «Elles n’agissent qu’en tant que marchands de bien. Il faut insuffler un projet politique pour favoriser l’installation en bio.»

De son côté, Pascal Durand estime que la reprise du foncier est essentielle. «Il faut aider les jeunes et les agriculteurs bio, arrêter d’aider toujours les mêmes.» La réforme du statut des Safer s’avère nécessaire, selon lui. Mais Stéphane Le Foll a rappelé l’importance de la réforme de la PAC (politique agricole commune) prévue pour 2014. Surtout, «si les aides baissent, elles baisseront pour tout le monde».

Tous les représentants ont défendu une réforme des codes des marchés publics avec une obligation de faire appel à des produits relocalisés. Unanimes, ils proposent la mise en place d’un circuit court pour le bio. «Nous allons devoir créer et développer de nouveaux circuits et assurer la reconversion», a soutenu Stéphane Le Foll.

En matière de gouvernance agricole, Pascal Durand, estime qu’«il faut changer la représentativité, changer le rapport à l’expertise». Pour le président de la Fnab, le constat est clair: «Aujourd’hui et depuis 50 ans, tout est verrouillé par une poignée de gens. Ce sont deux générations de paysans qui font fonctionner un système tel qu’il leur convient». Dominique Marion a estimé en conclusion que dans ce débat, les porte-parole des candidats «n’étaient pas au niveau». Il a proposé un compagnonnage dans la rédaction de mesures favorisants l’agriculture bio et a appelé les candidats à rediscuter en mars 2012, juste avant l’échéance présidentielle.

 


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